- 0
- 418 words
La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) de Saly vient de mettre fin aux activités d’un réseau particulièrement ingénieux. Loin des méthodes de contrefaçon grossière, ce réseau s’appuyait sur les procédures administratives légales du Sénégal, en particulier les audiences foraines, pour fournir une identité sénégalaise à des ressortissants étrangers.
Le flagrant délit et la perquisition
Le cerveau présumé de l’affaire, un nommé Abdou K. D. résidant à Saly Vélingara, a été interpellé après avoir été repéré en train de photocopier une quantité suspecte de certificats d’accouchement. Un agent de la DNLT infiltré a suffi pour faire tomber le suspect. La perquisition menée à son domicile a dévoilé l’ampleur de la faille : les enquêteurs y ont découvert des certificats de nationalité, des jugements d’audience foraine et des extraits de naissance provenant de 19 centres d’état civil différents. Parmi le lot figuraient également des copies de certificats d’accouchement vierges et un faux extrait guinéen appartenant au suspect lui-même.
L’exploitation des failles du système
L’interrogatoire du suspect et les vérifications auprès des autorités ont mis en lumière une méthode bien rodée. Si certains documents étaient manifestement falsifiés comme un certificat d’accouchement dont toutes les mentions avaient été effacées pour ne garder que le cachet officiel d’une sage-femme , la véritable surprise est venue des centres d’état civil.
Les demandes d’authentification ont révélé que huit des documents saisis étaient parfaitement authentiques. Ce constat mène les enquêteurs vers une conclusion alarmante : le réseau n’inventait pas de faux papiers, il parvenait à manipuler le système d’audiences foraines pour faire délivrer de vrais extraits de naissance sénégalais à des étrangers en toute légalité apparente.
Suites judiciaires
Pour se défendre, le mis en cause a prétendu n’être qu’un simple intermédiaire conservant des copies pour le compte de ses clients. Une version qui n’a pas convaincu la justice. Abdou K. D. a été déféré au parquet de Mbour pour faux, usage de faux et obtention indue de documents sénégalais. L’enquête se poursuit désormais pour identifier les complicités internes qui ont permis à ce réseau d’exploiter aussi facilement les rouages de l’administration sénégalaise.