Il est des ministres qui éteignent les feux.
Et il en est d’autres qui y jettent, allègrement, un jerrican d’essence.
Birame Souleye Diop, ministre de l’Énergie, a visiblement choisi son camp. Là où l’on attendait de lui qu’il éclaire le pays, le voilà qui électrise les foules. Là où l’on espérait des solutions pour stabiliser le courant, il propose des tensions… verbales.
L’éclair dans le ciel politique :
« Insultez ceux qui insultent Sonko ! »
Le ton est donné.
Non pas celui du leadership éclairé, mais celui du clash institutionnalisé.
Un ministre d’État, investi des charges républicaines, appelant publiquement à la riposte… par l’invective.
On croyait que son portefeuille portait sur les hydrocarbures ; on découvre qu’il s’intéresse aussi aux frictions humaines, au court-circuit citoyen, et à la haute tension langagière.
Du technocrate au tribun tribal : la mue
En théorie, Birame Souleye est chargé de gérer l’énergie du pays.
En pratique, il orchestre désormais celle des foules.
Entre deux réunions sur le mix énergétique et les énergies renouvelables, il semble avoir trouvé une vocation parallèle : entraîneur en cybermilitantisme belliqueux.
On imagine presque le slogan du ministère rénové :
“Moins de mégawatts, plus de mégaphones.”
Les réformes à venir ? Un humour qui pique :
À ce rythme, ne soyez pas surpris de voir apparaître :
• Un compteur prépayé d’insultes, avec tarif dégressif pour les militants actifs,
• Une prime sociale pour chaque punchline réussie,
• Une appli mobile “Takk-Sonko”, où chaque insulte bien ciblée permet de gagner 10 Mo de données.
Là où l’État devrait désarmer les passions, Birame les arme.
Ce qui choque n’est pas tant la sortie en elle-même – les passions politiques ont toujours existé – mais l’endroit d’où elle vient :
Un ministre de la République, censé incarner le sang-froid de l’État, transformé en porte-étendard de la réaction émotionnelle brute.
Or, gouverner n’est pas animer un forum Facebook. Ce n’est pas mener une croisade de riposte dans les fils de commentaires.
C’est faire preuve de hauteur. De retenue. D’intelligence stratégique.
Morale de l’histoire :
Lorsqu’un ministre chargé d’éclairer le pays choisit d’allumer les esprits,
ce n’est pas seulement le climat social qui s’échauffe,
c’est l’idée même de la maîtrise républicaine qui se met à vaciller.
Alors oui, peut-être que le vrai ministère à créer,
ce n’est pas celui de l’Énergie…
Mais celui du bon sens national, avec un disjoncteur intégré.
Mais à chaque régime son Gaston lagafe, Bireum est la gaffe de ce régime.