Pour Me Mbodj, avocat de la famille, les faits ne souffraient d’aucune ambiguïté. Selon lui, les accusés avaient formé une véritable association de malfaiteurs dans le but d’empêcher Bassirou Mbaye de construire sa mosquée.
Il a soutenu que les violences exercées collectivement ont entraîné la mort du muezzin. Me Mbodj a ainsi demandé à la chambre criminelle de retenir tous les prévenus dans les liens de la prévention, à l’exception de SD. Dièye.
La partie civile a également sollicité la condamnation des accusés au paiement de 150 millions de francs CFA de dommages et intérêts au profit de la famille.
Dix ans de prison requis par le parquet
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a rappelé avoir reçu à plusieurs reprises l’imam et certains prévenus afin d’apaiser les tensions avant le drame. Il a indiqué que le propriétaire du terrain avait confirmé avoir cédé la parcelle à Bassirou Mbaye. Pour le ministère public, les images vidéo, les témoignages et les éléments de l’enquête démontraient clairement que les accusés se sont concertés avant de passer à l’action.
Estimant que seule la présence de S. D. Dièye sur son lieu de travail aux ICS crée un doute sérieux, le procureur a requis son acquittement.
Il a en revanche demandé la condamnation des dix autres prévenus à dix ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs, meurtre, actions diverses ayant causé des dommages aux personnes et aux biens, entrave à l’exercice du culte et détention illégale d’armes.
La défense a plaidé l’acquittement
Les avocats de la défense, Me Ayi et Me Sène, ont soutenu que le différend était avant tout lié à une question foncière et non à la construction d’une mosquée.
Ils ont contesté l’existence d’une association de malfaiteurs et rappelé que la responsabilité pénale est individuelle, estimant qu’aucune preuve ne permet d’identifier l’auteur des coups mortels.
À titre subsidiaire, ils ont sollicité une requalification des faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.


