En ce jeudi 29 janvier 2026, l’Amphi Kocc Barma de la FASTEF a prêté son cadre solennel à un acte fondateur pour la pensée spatiale au Sénégal. Le lancement des activités de l’Association Sénégalaise de Géographie (ASG) n’a pas seulement été une cérémonie protocolaire, mais une véritable affirmation de la souveraineté intellectuelle du pays face à ses propres défis territoriaux.
Sous la présidence du Docteur Mohamed Lamine DIALLO, ancien chercheur émérite et figure respectée de la Faculté des Sciences et Technologies de l’Éducation et de la Formation, ce conclave a réuni l’élite académique et la relève étudiante autour d’une ambition commune : replacer la rigueur géographique au centre de l’action publique.
Le Dr DIALLO, rappelant l’essence même de cette nouvelle institution, a d’emblée précisé que l’ASG naît d’une volonté de structuration scientifique : « L’association a été mise en place il y a quelques mois. Elle a pour objectif de développer la discipline géographie, de produire des connaissances au service du développement de la nation. Aujourd’hui, on est en conclave entre géographes pour parler de la géographie sénégalaise dans toute sa diversité. » Cette diversité n’est pas qu’une simple énumération thématique ; elle embrasse la complexité des dynamiques humaines et physiques, allant de l’urbanisation aux risques environnementaux, pour offrir une lecture intégrée des mutations du Sénégal contemporain.
Le thème choisi pour cette rentrée scientifique — « La géographie au service du développement territorial : repenser les espaces sénégalais à l’heure des transitions » — témoigne d’une conscience aiguë des enjeux de l’heure. Dans un monde marqué par des ruptures climatiques et socioculturelles, la géographie ne peut plus se contenter d’être descriptive. Comme l’a souligné le Président de l’ASG, il s’agit d’une science de l’action : « La géographie a beaucoup contribué au développement économique à travers la production de connaissances géographiques et à travers l’action, l’aménagement du territoire, la planification urbaine, etc. » Cependant, il a déploré que cette contribution demeure souvent méconnue du grand public. Ce premier jalon posé à la FASTEF visait précisément à engager un retour épistémologique nécessaire : « C’était l’occasion de s’interroger, de s’arrêter et d’interroger toute cette contribution géographique sur le plan scientifique et sur le plan du développement. »
L’un des points d’orgue de l’allocution du Dr DIALLO a porté sur la réhabilitation du statut du géographe dans la société sénégalaise. Loin de l’image réductrice d’une discipline exclusivement vouée au corps enseignant, le Président a rappelé la dimension opérationnelle et pluridisciplinaire de ce métier. « Beaucoup pensent que l’on apprend la géographie pour aller enseigner la géographie. Alors que quand on regarde au niveau de l’administration, dans tous les secteurs de l’administration, on y retrouve des géographes très bien formés, des professionnels de la géographie », a-t-il affirmé avec conviction. Pour lui, la géographie est une « discipline de développement d’action de tous les jours », dont le rayonnement doit être porté par des outils de diffusion de haut niveau, tels que le futur bulletin d’information et la revue scientifique de l’ASG.


