Le musée des civilisations noires a été le théâtre d’une séance de court métrage marquée par l’avant-première du film ”Rafet” de la réalisatrice sénégalaise Khadidiatou Sow ce mercredi 8 avril 2026.
“Rafete” raconte l’histoire d’une fillette de 12 ans qui dissimule son visage derrière un masque en carton, fuyant les moqueries du quartier. Son visage marqué, devient le miroir d’une vérité plus vaste: la beauté réside dans le courage d’être soit, et dans le regard qui apprend à aimer la différence.
La réalisatrice Khadidiatou Sow est revenue sur la question existentielle de la beauté.
Depuis son enfance, elle a été jugée trop mince et trop petite d’où ce film ” rafete” pour combattre les complexes.
‹‹ Même si ces des plaisanteries, mais en un moment de ma vie, j’avais beaucoup souffert. C’est pourquoi j’ai envie de montrer aux gens l’impact que celà peut faire où apporter dans notre vie ›› affirme t-elle.
Les standards de beauté en Afrique et sur les autres continent ont toujours pesé de tout leur poids. Cela dure depuis des temps immémoriaux. Il fallait, selon l’époque, remplir un certain nombre de critères de beauté pour être considéré comme beau ou belle. Encore aujourd’hui, ces critères permettent aux uns d’accéder à certains privilèges et créent des complexes chez les autres. La société a toujours fonctionné ainsi et cela n’est pas prêt de changer.
Les préjugés, les normes qu’on nous impose nous poussent quelques fois à faire ce qu’on ne veut pas faire et à développer des complexes.
”Rafet interroge la notion de beauté, souvent dictée et imposée. À travers ce récit, j’ai voulu questionner notre regard sur nous-mêmes et sur les autres”, a confié Khadidiatou Sow.
Selon elle, les complexes commencent dans les maisons avec les parents qui se moquent de leurs enfants inconsciemment. D’où le fait de prendre cette fille dans le film pour faire passer le message.
Représentant le ministère de la Culture, Mounirou Barro a salué une œuvre « profondément humaine » qui interroge le regard porté sur la différence et met en lumière l’importance de l’estime de soi. Il a également réaffirmé l’engagement des autorités à soutenir le développement d’un écosystème cinématographique dynamique et inclusif au Sénégal.
La projection a été suivie d’un panel autour du thème « Cinéma et questions sociales : acceptation de soi et enjeux socio-culturels ››
B.S


