Il y a plusieurs versions sur le #Taajaboon mais celle qui me plaît le plus est celle de ma corporation les #ndongos_daara .
À tous je souhaite une bonne et heureuse année.
Kulu Aamine wa Antum bi hayr.
Le « #Taajaboon » est une forme de quête que les élèves des écoles coraniques (Ndongo Daara) d’antan avaient l’habitude de faire en y incrustant des paroles d’exhortation et en avertissant ceux qui ne priaient pas, ne jeûnaient pas et n’entretenaient pas les liens de parenté et apportaient la bonne nouvelle à ceux qui s’en acquittaient convenablement.
Pour cela, ils faisaient preuve d’une grande imagination et d’une grande sagesse en utilisant les moyens de communications et les styles poétiques adéquats qui permettaient d’être écoutés à l’époque. Joindre l’utile à l’agréable en quelque sorte en utilisant le style de chant qu’utilisaient d’autres personnes pour le futile. Le refrain « Jee » n’est autre chose qu’un diminutif du mot « Jeex » (Terminé/fini) de la même façon que « ba » (laisser) et le diminutif de « Bàyyi ».
D’où vient le mot « Taajaboon » ?
Le mot « Tahjabuun » (« Vous étonnez-vous.. »), vient du verset 59 de la sourate 53 « Wa Najm » (L’étoile) qui est elle-même chantée dans les festivités de la Tamxarite par les dit-élèves coraniques lors du fameux « Taajaboon ».
« Quoi! Vous étonnez-vous de ce discours (le Coran) ? Et vous [en]: riez et n’[en] pleurez point ? Absorbés [que vous êtes] par votre distraction » S53-V59-61
Il se peut que le choix du mot « Tahjabuun » ait été motivé par ce verset où Allah (swt) s’émerveille du décalage entre la gravité du rappel du discours coranique et la distraction dans laquelle les destinataires sont plongés. C’est ainsi que dans l’une des versions les plus anciennes et les plus connues en langue wolof des chants du « Taajaboon » on retrouve l’évocation de ce rappel. :
« Tajabuun – Àllay ! Tajabuun – Àllay ! Tajabuun – Àllay ! Sama taaj gii – Àllay ! balaa ma koy ba (bàyyi) – Àllay ! Wannajmi (jee), Isaa hawaa (jee) Ma dalla/lalla (jee), Saahibukum (jee), Wamaa Xëwaa (jee) » ainsi de suite jusqu’à la fin de la sourate l’Etoile. « Tajabuun – Àllay ! Tajabuun – Àllay ! Tajabuun – Àllay » C’est ainsi que tel un conte africain, les protagonistes récitaient la descente d’un certain « Abdu jàmbaar » qui serait la plupart du temps un terrifiant ange qui atterrirait subitement dans ta cour et procèderait à un interrogatoire sur la manière dont tu traites les piliers de l’islam de manière générale que sont la prière, le jeûne etc et les pratiques recommandées comme le raffermissement des liens de parenté
Le pervertissement du principe d’origine
On peut dire sans ambages que le principe d’origine a été perverti (c’est le cas de le dire) de nos jours avec les formes de paganisme assumées sponsorisées pourtant par des média publiques. Ce qui ressemblait en effet à du travestissement (porter des habits de femmes) ou à du port de masque ne traduisait en réalité que le fort dénuement des ces élèves des écoles coraniques traditionnelles. Ils leur arrivaient de recoudre des lambeaux de tissus pour en faire un habit là où leurs visages qui ressemblaient à des zombis provenaient en réalité des conditions d’hébergement précaires (avec les cendres du feu qui servait de lampe pour les révisions nocturnes qui laissaient des traces sur leurs visages).
Codou Aicha Faye
@CAF Collocaterre 🌺



