L’avion présidentiel risque la saisie
La visite en France du Président Diomaye et celle prochaine de son premier ministre a de forts relents d’objectivité et de réalisme politique et économique. L’Etat du Sénégal surtout dans le secteur énergétique traîne une ardoise de 700 milliards dus principalement à des entreprises françaises telles Total, Vivo. Dans d’autres secteurs, l’Etat doit payer 150 milliards à Eiffage. Et que le risque est grand que la banque d’investissement de Paris d’activer la garantie d’Air Sénégal pour immobiliser ses appareils en plus de l’avion présidentiel qui a été acquis dans ce même montage, il y’a une certaine urgence.
Du besoin de l’appui budgétaire.
En temps normal de relations normales, l’Etat sollicitait la France pour alléger ce service de la dette en demandant un appui budgétaire où la France supporte une partie des décaissements permettant au Sénégal de respirer et d’être en règle avec ses créanciers. C’est cette diplomatie économique et financière essentielle qui a été mise à mal par des déclarations outrancières et va—t- en guerre d’une opposition qui a beaucoup surfé sur la vague anti – France en vogue dans la sous – région pour se rallier les idées panafricanistes.
Aujourd’hui au pouvoir, cette opposition se rend compte qu’au-delà des apparences, les pays ont des amis. Et cela a été clarifié par les voyages du Président et de son premier ministre en Chine et en Turquie, pays qui ne décaissent pas un franc pour des appuis budgétaires ou autres, étant plutôt dans les IDE. Il ne reste donc que la France, l’alliée traditionnelle plus proche des réalités sénégalaises que tout autre pays dans le monde et à laquelle nous lie un passé certes peu glorieux mais un pays avec qui nous partageons énormément de choses sentimentalement et intellectuellement, ce qui n’est pas la moindre des choses. La France est un pays ami et frère comme la Grande Bretagne l’est avec les Etats – Unis. Les nouvelles autorités rattrapées par la réalité économique ont vite compris qu’il vaut mieux garder son ancienne amie que de s’en chercher d’autres qui ont les leurs. La Chine investit aux USA qui est son ami de toujours. La Turquie parle avec l’Allemagne où vive la plus grande colonie de sa diaspora.
Les États ont des amis.
C’est une bonne chose que de se réconcilier avec la France qui a perdu énormément au Sénégal où le BTP est aux mains des Turcs et des Chinois. Les produits français sont rares à voir dans nos boutiques remplacés par le déferlement des marchandises chinoises. CFAO est pour les Japonais. Air France n’appartient plus à la France. Les ressources minières sont majoritairement entre d’autres mains. Les banques et les assurances sont aux mains des Marocains. Bref, si ce n’étaient les relations sentimentales, la France n’est plus au Sénégal qu’à travers d’anciennes entreprises où les Sénégalais détiennent des intérêts. C’est bien donc de raison garder. On se demande où est la France qui doit dégager ?
Khadim Bâ et les autres.
Mais, il y a un hic dans ces nouvelles approches de reconquête de la France, c’est que tout doit se faire selon l’existant et avec les hommes d’affaires qui ont pris la place de la France dans beaucoup de secteurs dont celui des énergies. Se retrouver avec la France ne doit se faire contre les entreprises Sénégalaises et les capitaines d’industrie qui ont creusé leurs trous et font valoir l’expertise nationale.
Dans le secteur pétrolier où la société africaine de raffinage peine à importer faute de trésorerie propre ; où Senelec commence à subir des contres- coups de l’incapacité de la SAR à la fournir et où l’Etat n’a pas les moyens de s’investir, les hommes d’affaires rompus à la tâche qui ont des solutions sénégalaises sont en prison victimes de batailles politiciennes dont on les aurait épargnés.
Cas de Khadim Bâ et Samuel Sarr qui sont les solutions des problèmes de l’Etat dans ce secteur. Disons que les solutions de ce secteur hyper sensible qui fournit l’électricité dont les Sénégalais sont maintenant habitués et ne toléreront aucun délestage qui les retournerait en arrière sont entre les barreaux ou muni de bracelet électronique sous de fallacieuses accusations.
Le Président Diomaye et son Premier ministre doivent savoir que quelque soient leurs résultats à l’étranger, ce seront sous forme de projets et qu’ils ont moins de cinq ans alors que l’expertise locale a mis en place un existant opérationnel depuis des années dont ils doivent tenir compte.
Autant les autorités de l’Etat du Sénégal pensent à se réconcilier avec la France, autant elles devraient la faire avec les hommes d’affaires Sénégalais.
Ndao Badou « Le Médiateur »