Alors que l’État sénégalais engage des moyens importants pour organiser et financer les daaras, Ephrem MANGA, membre de Présence Chrétienne et de la Société Civile, alerte sur les défis colossaux auxquels font face les séminaires et juvénats catholiques. Dans cette tribune, il appelle les autorités à garantir une équité de traitement entre toutes les structures religieuses à caractère éducatif du pays.C’est avec une joie véritable et un soulagement que je vois l’État s’investir pour organiser et financer les daaras dans notre cher pays.
La tournée du Ministre de l’Éducation dans les cités religieuses, en prélude aux assises nationales des daaras, ainsi que les financements accordés, témoignent d’une volonté forte pertinente d’un souhait national, qui permettra une meilleure organisation de ces centres au Sénégal, une réduction du nombre de talibés dans les rues et un apprentissage religieux de qualité, doublé d’une formation professionnelle.
Par ailleurs, le financement dont l’Institut franco-arabe « Nouroul Islam » vient de bénéficier contribuera davantage, j’en suis certain, à l’objectif visant à atteindre l’autosuffisance alimentaire dans notre chère nation.
Cependant chères autorités, c’est le lieu de vous informer de la situation des séminaires catholiques dans notre pays laïque, en vue de l’équité prônée par vous-mêmes.
Les séminaires et juvénats catholiques vivent en effet de défis colossaux relativement à leur fonctionnement et à la réhabilitation de leurs infrastructures.
Pour rappel, un séminaire, tout comme un daara, a pour vocation de former les futurs religieux de la religion catholique (prêtres et frères). Le Sénégal compte trois (3) grands séminaires ainsi que plusieurs juvénats dédiés à la formation des sœurs religieuses qui ne jouissent d’aucun financement étranger.
Un récent communiqué des évêques du Sénégal appelle d’ailleurs à la quête annuelle dans les paroisses et à une initiative de solidarité individuelle, en vue de financer des projets dans ces trois grands séminaires, visant à les rendre plus autonomes. Les années précédentes, les collections n’ont pu contribuer qu’au fonctionnement stricto sensu de ces établissements.
Il est important de préciser que ces maisons de formation religieuse catholique du Sénégal sont quasi exclusivement prises en charge par les paroisses, les laïcs et des personnes de bonne volonté.
C’est pourquoi Monsieur le Président de la République et chères autorités, j’appelle votre attention sur ces faits majeurs pour la religion catholique, afin qu’au nom de l’équité et de la laïcité dans notre République, l’État réagisse de manière inclusive pour soutenir toutes les structures religieuses à caractère éducatif des différentes sensibilités religieuses, ayant pour vocation d’assurer la continuité de la formation des ministres de leur foi. Tout soutien national devrait donc profiter et bénéficier à tous.
Ephrem MANGA, Membre de Présence Chrétienne et membre de la Société Civile


