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Le traitement médiatique des affaires judiciaires atteint-il un point de rupture ? Dans le sillage de l’affaire impliquant Mame Diarra Thiam, alias « Diodio Glow Skin », le pool d’avocats de la jeune femme vient de briser le silence avec une mise au point qui fait l’effet d’un rappel à l’ordre cinglant à l’encontre de certains pans de la presse nationale.

À l’ère de l’instantanéité numérique et de la « culture du buzz », la ligne de démarcation entre information vérifiée et diffamation se fait chaque jour plus poreuse. Le quotidien L’Observateur, dans son édition du 24 octobre 2026, en a fait les frais. Ou plutôt, c’est l’exigence de vérité qui en a fait les frais, si l’on en croit le démenti formel publié par le pool d’avocats de Mame Diarra Thiam.

L’inversion de la culpabilité : une pratique journalistique douteuse ?

Le point de friction est majeur. Alors que la presse rapporte des « aveux » supposés de la mise en cause concernant le financement d’une entreprise de dénigrement en ligne, les avocats rétorquent avec une fermeté déconcertante. Non seulement ces aveux sont contestés, mais le pool juridique apporte une précision cruciale : lors de la confrontation avec une autre partie impliquée, Madame Rokhaya Fall, les déclarations divergeaient radicalement, cette dernière ayant évoqué un financement à des fins d’œuvres sociales.

Face à une telle confusion, une question s’impose : comment des « faits » aussi opposés peuvent-ils être distillés au public comme des vérités établies ?

La présomption d’innocence : ce droit bafoué au nom du « clic »

Le communiqué ne se contente pas de démentir, il accuse. Le terme est posé, sans fioritures : « la quête du buzz ». Derrière cette formule, c’est le modèle économique de l’information qui est pointé du doigt. Quand la rapidité supplante la vérification, quand l’accusation prime sur la présomption d’innocence, ce sont les fondements mêmes de notre État de droit qui s’érodent.

Salir une réputation avant même le passage devant un juge est devenu une sentence populaire exécutoire par médias interposés. Le pool d’avocats — composé de Me Alioune Badara Fall, Me Aboubacry Barro et Me Dior Gueye Diagne — le rappelle avec force : l’honneur d’une citoyenne ne doit pas servir de combustible aux tirages de la presse.

Un avertissement sans frais

La menace est claire : « Madame Mame Diarra Thiam se réserve le droit de saisir, au moment opportun, toute instance compétente ». Ce n’est plus un simple exercice de droit de réponse, c’est une sommation. Les auteurs de cette mise au point entendent désormais protéger leur cliente de ce qu’ils qualifient d’« interprétations approximatives ».

Ce communiqué doit être lu comme un signal d’alarme pour les médias. Le temps judiciaire, long, patient et exigeant, ne peut être sacrifié sur l’autel du temps médiatique, caractérisé par sa précipitation. Si la liberté d’informer est sacrée, elle porte en elle une responsabilité tout aussi lourde : celle de ne pas transformer la recherche de la vérité en un tribunal de l’opinion sans foi ni loi.

Il est désormais temps pour les acteurs de cette affaire, presse incluse, de revenir à ce qui constitue le socle de toute démocratie : la rigueur des faits, le respect de la procédure, et cette vertu devenue si rare en période de crise : la retenue.

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