Une mission du Programme National de Lutte contre le Tabac (PNLT) du Ministère de la Santé et de l’Action sociale était ce mardi 7 juillet à Saint-Louis pour restituer et partager avec les hommes de médias les résultats de l’enquête Global Adult Tobacco Survey (GATS) 2023. L’Objectif visé est de mettre en œuvre les orientations stratégiques de lutte antitabac au Sénégal.
Saint-Louis a ouvert une série de journées régionales de partage et d’appropriation des résultats de l’enquête. Au menu : restitution des données probantes sur la prévalence du tabagisme, analyse des défis persistants dans la région, et mobilisation de l’ensemble des acteurs clés pour définir les priorités du prochain PNLT 2026-2030.
Le GATS 2023 dresse un bilan contrasté. La bonne nouvelle, c’est la baisse de la prévalence du tabagisme chez les adultes de 25,6%. Chez les hommes, le taux passe de 11% à 8%. Au niveau national, le Sénégal compte désormais 6% de fumeurs adultes.
Cependant, l’entrée dans le tabagisme est extrêmement précoce au Sénégal, où l’âge d’initiation est estimé à 7 ans. 58% des fumeurs ont commencé avant 18 ans, et 7% avant 15 ans. À l’université, une personne sur 4 fume.
L’exposition à la fumée reste un problème majeur de santé publique. 15% des Sénégalais, soit 1,4 million de personnes, sont exposés au tabagisme à domicile. 21% le sont dans d’autres lieux. « Les lieux publics restent toujours exposés », souligne le rapport, en citant bars et restaurants.
À l’échelle mondiale, le tabac tue 7 millions de fumeurs chaque année. Près d’1 million de non-fumeurs décèdent aussi des suites du tabagisme passif.
Le poids économique du tabac est lourd et coûte chaque année 122 milliards FCFA au Sénégal en dépenses de santé et pertes de productivité. En face, les recettes fiscales ne rapportent que 22 milliards FCFA à l’État, malgré la hausse de la taxe sur le tabac à 70% en 2025. Le déficit atteint donc 100 milliards FCFA annuels.
Avec 70% de sa population âgée de moins de 35 ans, le Sénégal joue son avenir sanitaire. Le PNLT appelle à « l’engagement citoyen » et rappelle les obligations de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac, ratifiée par le pays. C’est pourquoi la presse a un rôle très important dans la sensibilisation contre le tabagisme.
« L’importance de votre secteur dans la réussite de cette dynamique communautaire et sécuritaire est capitale », a insisté le PNLT. La lutte implique éducation, contrôle du commerce illicite, application de la loi et sensibilisation de proximité.
Pour Docteur Oumar Ba, Coordonnateur du Programme de lutte contre le tabac, il s’agissait de venir à Saint-Louis pour partager les résultats de la dernière enquête nationale sur le tabagisme des adultes au Sénégal. Il précise que l’enquête a été menée avec le soutien technique de partenaires et de l’ANSD et que ces résultats donnent beaucoup d’informations sur la problématique du tabagisme au Sénégal.
Après l’enquête, il était important selon le docteur Ba de venir dans certaines régions partager les leçons apprises. « Saint-Louis est une région importante et frontalière avec beaucoup de mouvements dans les frontières. Nous avons aussi partagé les préoccupations sorties dans l’enquête, notamment le danger lié à l’exposition du tabagisme environnemental, la tendance évolutive de la consommation de tabac au Sénégal, mais surtout l’inquiétude qui résulte de l’utilisation des produits tabac nouveaux émergents qui sont très prisés par les enfants et qui préoccupent tous les parents en terme de consommation, de traitement sanitaire et de réglementation », a-t-il confié.
Le coordonnateur du PNLT attire l’attention des populations et des éducateurs sur ces produits tabac nouveaux souvent utilisés par les jeunes.


