Une vaste opération menée par l’antenne de Kédougou de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et les pratiques assimilées (DNLT) a conduit au démantèlement d’un présumé réseau de prostitution à Guémédié. Une ressortissante nigériane, identifiée sous les initiales A.S. Ayis, alias « Honey », a été déférée devant le procureur de la République. Elle est poursuivie pour plusieurs chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs, proxénétisme, traite des personnes, exploitation illégale d’un débit de boissons et blanchiment de capitaux.
L’enquête a été ouverte après un signalement anonyme faisant état de jeunes Nigérianes exploitées dans un bar situé à Guémédié. Les investigations ont permis aux agents de la DNLT d’intervenir sur les lieux, où quatre jeunes femmes, dont une adolescente de 16 ans, ont été retrouvées.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les victimes auraient été acheminées depuis Bantaco avant d’être hébergées dans des chambres aménagées à proximité du bar. Elles devaient reverser une partie de l’argent gagné à la gérante en échange de leur hébergement. Les enquêteurs indiquent que la mineure était soumise à un système de remboursement atteignant 1,5 million de francs CFA.
Lors de son audition, la mise en cause a reconnu avoir déplacé la jeune fille de Bantaco vers Guémédié afin d’échapper à une présence policière plus importante. Elle a également admis gérer une tontine alimentée par les revenus de la mineure, tout en affirmant que les trois autres femmes louaient simplement des chambres.
Les investigations ont aussi révélé que le bar était exploité sans autorisation administrative depuis 2022. Les revenus issus de cette activité auraient servi à financer le fonctionnement de l’établissement, une boutique située à Saraya ainsi qu’une entreprise au Nigéria.
Entendues par les enquêteurs, les quatre victimes ont confirmé qu’elles devaient verser chaque jour entre 10 000 et 12 000 francs CFA à la gérante. Elles affirment également que cette dernière leur devait des sommes importantes correspondant à leurs gains non reversés.
À l’issue de l’opération, les quatre jeunes femmes ont été confiées à l’ONG La Lumière de Kédougou pour leur prise en charge et leur accompagnement. Les enquêteurs ont également procédé à la saisie de plusieurs boissons alcoolisées, de deux réfrigérateurs et de matériel de sonorisation, désormais placés sous scellés dans le cadre de la procédure judiciaire


