Ce lundi 27 juillet 2026, c’est avec une profonde émotion que j’ai appris le rappel à Dieu,de Souleymane KANTÉ, délégué de quartier de Diamaguene à Thiès. Il avait 110 ans. 110 ans de vie, de service, de dignité.
110 ans au service d’un seul et même quartier : Diamaguene, celui qui l’a adopté et qu’il n’a jamais cessé d’aimer. Pour moi, Souleymane Kanté n’était pas seulement le délégué. Il était mon père. Mon père de quartier. Mon repère. Contrairement à beaucoup d’autorités, il m’a connu enfant. Il a vu grandir mon ami d’enfance, le regretté Docteur Kanté, son fils. Et dans ce lien, il m’a aussi éduqué. C’était un homme rigoureux et droit. Droit dans ses paroles. Rigoureux dans l’éducation qu’il donnait à ses enfants et à toute la jeunesse de Diamaguene.
Avec lui, pas de compromis avec la discipline, le respect et le travail bien fait.
Une mémoire vivante de la cité du rail.
Souleymane Kanté portait en lui plus d’un siècle d’histoire du Sénégal. Ancien chef de cabinet du premier maire élu de Thiès, le Président-poète Léopold Sédar Senghor, il a servi l’État avec loyauté. Président des délégués de quartiers de la commune de Thiès, il a été pendant des décennies la voix des habitants, le médiateur, celui qui arrangeait, celui qui rassemblait.
Il a aussi servi la foi. Pendant 27 ans, il fut au service du guide religieux Thierno Seydou Nourou Tall. De la grande grève des cheminots à l’époque de Senghor, jusqu’à sa rencontre avec le Général De Gaulle, il a traversé les époques sans jamais trahir ses valeurs. Le Sénégal lui a rendu un hommage à la hauteur de son engagement : le Centre Régional de Gériatrie de Thiès porte son nom. 500 millions FCFA d’investissement, des équipements de dernière génération, 6 cabines d’hospitalisation, 4 salles de consultation… Un centre dédié aux anciens, aux plus vulnérables. Comme lui qui, jusqu’au bout, pensait aux autres.
L’héritage d’un homme de Teranga.
Souleymane Kanté nous laisse 3 leçons :
1. L’amour du quartier : On peut servir le pays en commençant par sa rue.
2. La rigueur : L’autorité ne se crie pas. Elle s’exerce par l’exemple.
3. La transmission : Il a éduqué ses enfants, mais aussi toute une génération de Thiessois.
Aujourd’hui Diamaguene est orphelin. Thiès est orphelin.
Mais son exemple reste. Gravé dans les murs du centre qui porte son nom. Gravé dans nos cœurs. Au nom de l’Assemblée nationale, au nom des habitants de Thiès, au nom de tous ceux qui l’ont connu, je présente mes condoléances les plus attristées à toute la famille Kanté, à la communauté de Diamaguene, et à toute la ville de Thiès. Que la terre de Mbambara, qu’il a tant aimée, lui soit légère.
Que Dieu l’accueille dans Son paradis éternel.
Abdou MBOW,
Député


