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L’utilisation des services du fournisseur de satellite Starlink, qui appartient à SpaceX, au Sénégal fait face à un obstacle imprévu. D’après des sources rapportées à Dakar, la Sonatel, opérateur de télécommunications historique et membre du groupe français Orange, aurait mis en place des actions techniques pour interdire l’utilisation des dispositifs Starlink sur le sol national. Cette décision, bien que non officielle, fait largement l’objet de commentaires et remet en question le partage du marché de la connectivité entre les acteurs terrestres et les nouveaux opérateurs de satellites.
Le service proposé par Elon Musk s’appuie sur un réseau de satellites en orbite basse, capable de fournir un débit élevé dans les régions où les réseaux terrestres éprouvent des difficultés à s’implanter. Depuis son implantation en Afrique, il attire les individus, les entreprises et les administrations localisées dans les régions isolées. Au Sénégal, la promesse d’une expansion de la couverture sans nécessité d’importantes infrastructures suscite un engouement grandissant, cependant Starlink n’a pas encore reçu toutes les autorisations indispensables pour une opération en toute légalité.
La Sonatel, pour s’opposer à cette décision, cite son statut de détentrice d’une licence individuelle de premier rang, réglementée par les décrets de 2016 et 2023 qui approuvent sa convention de concession et ses cahiers des charges. Selon la société, l’implémentation de Starlink dans ces circonstances pourrait nuire à ses intérêts financiers, violer les principes de concurrence et compromettre ses droits défensifs. Le député Mamadou Mory Diaw avait sollicité du Premier ministre, lors de l’exposé de politique générale de mardi dernier, une confirmation concernant l’information sur l’arrêt de la licence Starlink. Pour se défendre, l’opérateur historique met un accent particulier sur l’ampleur de ses engagements financiers. D’après les informations transmises par le site d’actualités, Sonatel annonce un montant de 100 milliards de francs CFA en droits et redevances, dont 68 milliards sont associés au renouvellement de sa concession, et 32 milliards concernent les fréquences 4G. En plus de cette somme, 34,5 milliards de francs CFA ont été déversés pour l’achat des licences 5G. Ainsi, la société souligne un engagement total de 134,5 milliards de francs CFA pour ces droits et licences. Sonatel met également l’accent sur les obligations résultant de son statut d’opérateur détenteur d’une licence de premier rang.
Cela inclut notamment des questions sur la couverture géographique, le service universel, la continuité et la qualité des prestations. L’entreprise souligne également les obligations financières auxquelles elle doit se conformer, y compris celles concernant le Fonds de développement du service universel des télécommunications (FDSUT) et les taxes annuelles.
L’action en justice initiée par la Sonatel n’a pas été prise immédiatement suite à l’octroi de l’autorisation à Starlink. Le 10 mars 2026, l’opérateur avait initialement déposé une demande de recours gracieux auprès du ministère responsable. Comme cette approche n’a pas résolu le conflit, l’affaire a finalement été soumise à la Cour suprême. D’après le site expert en technologie, osiris.sn, « plusieurs moments de conflit avec la régulation sénégalaise ont marqué le projet Starlink ». Dès 2023, avant même l’acquisition de son permis, la société a subi une censure concernant la vente non officielle de ses dispositifs, l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ayant procédé à l’arrestation de divers revendeurs non autorisés. Suite à son lancement officiel, l’Artp a réitéré son avertissement fin mars 2026 concernant l’expansion massive de points de « wifi communautaire ». en utilisant des appareils Starlink pour revendre des connexions de manière illégale, il est important de souligner que ces actions peuvent entraîner des peines pouvant atteindre cinq ans d’emprisonnement et des amendes allant jusqu’à 60 millions de francs CFA. Des arrestations similaires ont également eu lieu en août 2026, particulièrement à Kaolack, consécutivement à une plainte déposée par la Sonatel.
Quant à l’approbation de Starlink, elle faisait partie du « New Deal Technologique », un programme gouvernemental visant notamment à intensifier la couverture numérique du pays. Le système envisageait notamment que l’État achète 5 000 kits Starlink à un tarif réduit, dans le but d’aider à la couverture des zones blanches, à la mise en place de réseaux wifi communautaires et à la liaison d’établissements scolaires et de collectivités locales.