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La note explicative présentée par Lansar Auto, dirigée par Mahmadane Sarr, vise à apporter sa version dans une procédure judiciaire déclenchée après une déclaration d’opération suspecte de la Coris Bank à la CENTIF. La société affirme que les mouvements financiers sur ses comptes correspondent principalement au paiement fractionné de prestations réalisées pour l’État, et non à des détournements de fonds publics.
Mahmadane Sarr a été placé sous mandat de dépôt le 13 janvier 2025 pour association de malfaiteurs, escroquerie sur les deniers publics, faux et usage de faux et blanchiment de capitaux, pour un montant provisoire de 13,61 milliards FCFA.
Selon la note, Lansar Auto avait conclu plusieurs marchés et conventions avec l’État et ses structures pour la vente et la location de véhicules. La société affirme avoir exécuté les prestations et disposer de factures et validations administratives attestant les services faits.
Le document évalue les créances globales de Lansar Auto sur l’État à 26,97 milliards FCFA. Après déduction d’une avance d’un milliard reçue en septembre 2023, la dette consolidée exigible serait de 25,97 milliards FCFA.
Le principal débiteur serait le Ministère des Finances et du Budget, avec environ 24,45 milliards FCFA de créances. Une convention de reconnaissance de dette et de titrisation aurait notamment porté sur 14,98 milliards FCFA, auxquels s’ajouteraient 1,59 milliard FCFA d’intérêts, soit 16,57 milliards FCFA au total.
La note affirme également que plus de 60 véhicules de Lansar Auto seraient toujours utilisés par des structures publiques, générant plus de 200 millions FCFA de facturation mensuelle, alors que certaines prestations restent impayées. L’ONAS serait notamment redevable de 1,296 milliard FCFA pour 20 pick-up mis à sa disposition depuis 2023.
Parmi les autres créances citées figurent notamment celles de la Primature, du ministère des Affaires étrangères, du ministère des Sports, de l’ancien ministère de l’Économie numérique et des Télécommunications et de l’AGEROUTE, pour un total annoncé de 2,52 milliards FCFA.
La situation aurait lourdement affecté Lansar Auto. La note évoque la saisie de plus de 100 véhicules, des réquisitions bancaires et le licenciement d’environ 90 % du personnel après l’incarcération de l’administrateur.
Dans sa défense, Mahmadane Sarr conteste particulièrement les accusations de détournement et de blanchiment. Il affirme que Lansar Auto n’a jamais servi de prête-nom et soutient que les opérations financières effectuées auprès de banques de l’UEMOA visaient à permettre à l’entreprise de faire face à ses propres engagements envers ses fournisseurs et partenaires, dans un contexte où l’État ne réglait pas ses créances.
La note affirme également que M. Sarr n’aurait jamais rencontré ni traité avec Macky Sall ou son fils Amadou Sall, tout en précisant que Lansar Auto avait également fourni des véhicules à des responsables de l’actuel parti PASTEF lors de différentes échéances électorales.
Enfin, le document soulève plusieurs questions sur la procédure judiciaire : pourquoi le dirigeant de Lansar Auto est-il poursuivi alors que, selon la note, des agents publics ont validé les marchés et certifié les prestations ? Pourquoi les véhicules encore utilisés par l’administration ne sont-ils pas restitués ou payés ?
Et pourquoi les responsables administratifs ayant participé à la validation des contrats et des factures ne seraient-ils pas davantage interrogés ?
- Pourquoi l’Etat ne veut pas restituer les 60 véhicules de Lansar Auto qui sont toujours en location et sans paiement, après la saisie de l’ONRAC concernant 117 véhicules de luxe estimés à plus de 10 milliards francs cfa, le règlement d’un marché du Ministère des Finances de plus 400 millions de francs cfa, les créances sur l’Etat et ses démembrements
(Primature, Finances, MAESE, ONAS, etc.)
- Pourquoi des hauts cadres de l’ancien régime au niveau de la Présidence, des ministères et des directions de l’Etat ne veulent pas piper mot sur cette dette envers Lansar Auto. On peut citer :
- L’ancien DG du Budget
- L’ancien DG du Trésor et de la Comptabilité Publique o L’ancien Trésorier Général o Et autres directeurs & hauts cadres du MFB De même que les Ministres sortants : o PM o MFB o MJS o MJ
- Pourquoi tout ce silence ?
En substance : Lansar Auto soutient que le cœur de l’affaire n’est pas un détournement de deniers publics, mais plutôt une importante dette de l’État envers une entreprise privée, dette qui aurait provoqué de graves difficultés financières pour la société et son dirigeant.