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L’accord conclu entre le Sénégal et le FMI pour un programme de 36 mois d’environ 2,2 milliards de dollars constitue incontestablement une avancée majeure. Après plusieurs années de suspension de la coopération financière et dans un contexte marqué par une dette publique élevée, des tensions de refinancement et une dégradation continue de la notation souveraine, ce programme offre au pays une opportunité réelle de restaurer sa crédibilité financière et de renouer avec la confiance des investisseurs.

La célérité avec laquelle ce signal a été envoyé mérite d’être soulignée. C’est un message politique délibéré adressé simultanément aux marchés financiers, aux investisseurs internationaux et aux partenaires multilatéraux : le nouveau gouvernement a choisi, dès son premier jour, de placer la discipline économique au cœur de son action. Il n’a pas attendu de s’installer pour agir. Il a agi pour s’installer.

Pour autant, il serait dangereux de considérer que la bataille est gagnée. En réalité, la signature de l’accord marque davantage le début du redressement que son aboutissement.

Le principal défi se situe désormais sur le terrain de l’exécution. Un programme du FMI n’est pas un simple mécanisme de financement. C’est un contrat de réformes qui exige discipline budgétaire, transparence, rigueur dans la gestion des finances publiques et continuité de l’action gouvernementale. Or les difficultés auxquelles le pays est confronté aujourd’hui sont le produit d’une séquence économique et institutionnelle qui s’est progressivement installée entre 2024 et 2026 sous Ousmane SONKO.

Les tensions sur les finances publiques, les révélations sur l’ampleur du déficit et de la dette, la suspension du précédent programme avec le FMI, les cinq dégradations successives de la notation souveraine, les difficultés de refinancement et la perte de confiance des investisseurs ne sont pas apparues spontanément. Elles se sont développées au cours d’une période durant laquelle l’actuel Président de l’Assemblée nationale occupait les fonctions de Premier ministre avec tous les pouvoirs. C’est cette même séquence qui a conduit à une dégradation progressive de la crédibilité financière du Sénégal auprès des marchés et des partenaires internationaux.

Le paradoxe institutionnel est aujourd’hui saisissant.

Une partie importante des difficultés que le nouveau programme du FMI cherche précisément à corriger trouve son origine dans une période dont l’un des principaux responsables politiques préside désormais l’institution appelée à examiner et voter les textes indispensables à la réussite de ce programme.

Le nœud gordien de cet accord n’est donc plus financier, il est devenu institutionnel, il s’appelle Ousmane SONKO.

Les engagements pris dans le cadre du programme devront se traduire par des lois de finances, des réformes fiscales, des autorisations d’emprunt, des mesures de maîtrise des dépenses et des réformes économiques dont la mise en œuvre nécessitera une coopération étroite entre l’exécutif et le législatif.

Or la première réaction publique du Président de l’Assemblée nationale à l’annonce de l’accord mérite attention. Dans une publication récente, il a demandé la publication du mémorandum conclu avec le FMI, s’est interrogé sur le traitement futur de la dette, sur les réformes prévues et a annoncé que « le débat aura lieu » au Parlement. Le principe de transparence qu’il invoque est parfaitement légitime dans une démocratie. Mais cette prise de position met également en évidence que la phase politique du programme commence à peine.

Cette situation nourrit un paradoxe que beaucoup de Sénégalais auront du mal à ignorer.

Les principales difficultés que l’accord cherche aujourd’hui à résoudre ont émergé durant la période où Ousmane SONKO qui demande désormais des explications était lui-même au cœur de l’appareil exécutif. Les déficits budgétaires, les tensions de refinancement, la suspension du programme précédent, les dégradations de notation et l’affaiblissement de la confiance des investisseurs sont des réalités qui se sont imposées au cours de cette même séquence.

La question n’est évidemment pas de contester le droit du Parlement à débattre. La véritable question est de savoir si ce débat sera conduit dans une logique de redressement national ou dans une logique de confrontation politique.

Car l’enjeu est considérable.

À l’approche d’échéances électorales, Ousmane SONKO et c’est dans son adrénaline va privilégier la confrontation plutôt que la coopération. Sa stratégie visera à ralentir et à compliquer l’exécution des réformes dans l’espoir d’en tirer ultérieurement un bénéfice politique. Faire courir un risque majeur au Sénégal est le cadet de ses soucis. Son objectif n’a pas changé d’un iota depuis la victoire des élections de 2022,  mettre à genoux l’économie sénégalaise pour jouer au sauveur en 2029… Il fut portant mis à l’épreuve 2024-2026, il avait tous les pouvoirs, résultat des courses, il a plombé le pays du quatrième au quatorzième sous-sol par incompétence.

Un programme avec le FMI peut échouer non parce que son diagnostic est mauvais, mais parce que son exécution devient prisonnière de la boulimie d’un homme. Un texte budgétaire bloqué, une réforme retardée ou une revue du programme compromise peuvent avoir des conséquences immédiates sur la capacité du pays à restaurer sa crédibilité.

L’intérêt national aurait commandé que tous les acteurs politiques, quelles que soient leurs ambitions ou leurs divergences, considèrent que la restauration de la crédibilité financière du Sénégal constitue un objectif supérieur. Le pays ne peut se permettre que des enjeux de positionnement politique compromettent un programme dont dépend une partie importante de sa stabilité financière, mais le Président de l’assemblée nationale n’en a cure…

Face à cette situation, l’attitude de tous les Sénégalais devrait être guidée par un principe simple : juger les responsables publics non à leurs discours, mais à leur capacité à favoriser les réformes qui renforcent la stabilité économique du pays. Dans une période où la crédibilité financière du Sénégal est en jeu, la question n’est plus de savoir qui avait raison hier. La question est de savoir qui contribue concrètement au redressement aujourd’hui.

Un accord avec le FMI peut ouvrir une porte. Mais seule une gouvernance responsable et une cohérence institutionnelle permettront au Sénégal de la franchir durablement. Le véritable patriotisme économique consiste à soutenir tout ce qui renforce la confiance, la stabilité et la prospérité nationale, indépendamment des intérêts politiques personnels.. Ousmane SONKO a un seul agenda, être président, même s’il n’en a pas les épaules….

Lansana Gagny SAKHO
KIIRAAY Les Patriotes

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