Une conférence de presse a été organisée ce mardi 5 mai par les avocats de l’homme d’affaires sénégalais Saïdou Kane.
Cette “rencontre de clarification” porte sur plusieurs dossiers judiciaires et financiers médiatisés au Sénégal :Le scandale de l’ASER : L’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale est au cœur d’une polémique concernant un projet d’électrification.
L’affaire des 37 milliards : Les avocats contestent les accusations liées au décaissement de cette somme, affirmant que les fonds ont été engagés avant l’actuel gouvernement et exigent une traçabilité claire.
Le dossier Intermaq : L’une des entreprises de Saïdou Kane impliquée dans ces marchés publics.
Les avocats, notamment Me Dior Diagne, ont pris la parole pour dénoncer ce qu’ils appellent une “stratégie d’éviction” et un “transfert de responsabilité” de la part de l’agence vers leur client. Ils récusent toute résiliation de contrat par l’État et pointent la responsabilité directe de l’ASER dans la gestion du dossier.
Lors de cette sortie médiatique, Me Boubacar Koïta a interpellé directement les autorités et l’opinion publique : « La seule question qui vaille aujourd’hui est simple : où est passé l’argent du contribuable sénégalais ? ». Cette interrogation fait suite au versement de 56 millions d’euros (environ 37 milliards FCFA) effectué sous garantie souveraine de l’État du Sénégal auprès de partenaires espagnols. Les avocats fustigent le fait que l’on se focalise sur des accusations de faux portant sur 900 millions de francs CFA pour, disent-ils, « distraire l’opinion » et rester « silencieux sur des montants bien plus importants ».
Dénonçant une inversion des priorités, la défense de Seydou Kane appelle à recentrer le débat sur la traçabilité des deniers publics. « La seule question qui vaille aujourd’hui est simple : où est passé l’argent du contribuable sénégalais ? », a conclu Me Koïta, invitant les citoyens et les organes de contrôle à suivre la trace de ce virement massif.
Selon Me Abdou Dialy Kane, cette affaire porte atteinte au climat des affaires et à l’image d’un opérateur qu’il qualifie de patriote. Il déplore que « dans tous les pays, les hommes d’affaires accompagnent l’économie » mais qu’au Sénégal, on tente de « jeter en pâture » son client sans fondement légal. La défense réfute également l’amalgame fait entre plusieurs projets pour créer une « affaire dans l’affaire » et appelle les organes de contrôle à suivre la trace du virement massif initial pour éclairer la lanterne des Sénégalais.
L’avocat a profité de l’occasion pour déplorer le climat des affaires au Sénégal : « Dans tous les pays, les hommes d’affaires accompagnent l’économie. C’est ce que Seydou Kane, en tant que patriote, a fait pour son pays. Malheureusement, on tente de le jeter en pâture sans aucun fondement légal. »
Ils ont également apporté des précisions sur les dossiers INTERMAQ et PASSANT, cités dans le débat public. Concernant INTERMAQ, ils affirment que la société INTERMAQ Sénégal S.A, dont M. Kane est actionnaire majoritaire, n’est pas signataire du marché public n° T0520/22 conclu en mars 2022 avec le ministère de l’Agriculture pour un montant d’environ 130 millions d’euros (85,5 milliards FCFA). Selon eux, seule la société espagnole INTERMAQ 2012 SL est titulaire du marché et seule cocontractante de l’État du Sénégal.
B.S


