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Diomaye : les premiers signes d’une fracture

Depuis leur arrivée au pouvoir en avril 2024, des tensions significatives marquées par des tensions significatives sont apparues au sommet de l’État entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, marquée par des divergences stratégiques, des critiques et des sorties publiques.

Bien que décrits comme un « tandem » soudé, des signes de fissures sont régulièrement rapportés.

Il y a cependant, un signal politique que PASTEF ne devrait pas négliger.

Au départ, plusieurs sensibilités politiques, mouvements, personnalités et citoyens s’étaient regroupés autour de la coalition Diomaye Président pour porter une vision commune et permettre l’accession au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye.

Mais aujourd’hui, on commence à voir apparaître une autre dynamique : certains membres ou soutiens de cette coalition semblent vouloir construire progressivement une mouvance directement centrée autour du Président Diomaye Faye, tout en prenant leurs distances avec Ousmane Sonko et PASTEF.

La récente cérémonie organisée dans ce sens, même si elle n’a pas mobilisé massivement, reste à mes yeux un signal politique important. Ce n’est pas forcément son ampleur actuelle qui compte, mais ce qu’elle révèle.

En politique, les grandes fractures commencent souvent par de petits signes.

Cela montre qu’une partie des alliés, des soutiens ou même des frustrés cherche déjà à créer un autre espace politique, une autre porte d’entrée vers le pouvoir, en dehors du cadre traditionnel de PASTEF.

Et cela devrait pousser à la réflexion.

Car lorsqu’un parti donne le sentiment de se refermer excessivement sur lui-même, beaucoup finissent par chercher d’autres voies d’expression, même parmi ceux qui avaient participé à la victoire.

Le danger pour PASTEF aujourd’hui ne vient peut-être pas uniquement de l’opposition classique, mais aussi du risque de voir émerger progressivement une dualité entre : le projet porté historiquement par Ousmane Sonko,
et une nouvelle dynamique politique construite autour de la fonction présidentielle de Bassirou Diomaye Faye.

À mon avis, PASTEF gagnerait à : ouvrir davantage les espaces de participation ; valoriser les compétences au-delà du cercle militant ; éviter les logiques d’exclusion ou de suspicion permanente ; préserver publiquement l’unité entre Sonko et Diomaye et surtout transformer la victoire politique en véritable projet national inclusif.

Parce qu’au final, la force d’un mouvement ne se mesure pas seulement à sa capacité à conquérir le pouvoir, mais aussi à sa capacité à rassembler durablement autour d’une vision commune.

Rachid Dioury

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