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Dakar, 2 octobre 2026 — Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar informe l’opinion publique de l’ouverture d’une enquête portant sur des infractions liées aux événements politico-judiciaires survenus entre 2021 et 2024.
Selon le communiqué, cette enquête fait suite à des correspondances des 28 et 30 juillet 2025, par lesquelles le Procureur a reçu instruction d’ouvrir des investigations sur des faits qui, « en raison de leur ampleur et de leur caractère systématique », seraient susceptibles de revêtir la qualification de crimes contre l’humanité.
Une enquête confiée à la Section de Recherches de Dakar
À la suite d’un courrier daté du 4 août 2025, le Chef d’Escadron Commandant la Section de Recherches de la Gendarmerie nationale de Dakar a été saisi pour conduire les investigations.
Les premières investigations, menées entre octobre 2025 et septembre 2026, sur la base des documents disponibles, ont permis de dénombrer provisoirement 76 personnes décédées, dont 41 dans la région de Dakar, ainsi que plus de 200 autres personnes présumées victimes d’actes de tortures ou de traitements inhumains, cruels ou dégradants, indique le Parquet.
166 personnes auditionnées
Le communiqué précise que 166 personnes, constituées de victimes et de témoins, ont été auditionnées.
L’exploitation des actes médicaux a également permis, selon le Parquet, de révéler l’existence d’indices concernant des faits qualifiés dans le communiqué d’assassinats, de meurtres, de persécutions, d’actes de torture ou autres traitements inhumains, cruels ou dégradants, susceptibles de revêtir la qualification de crimes contre l’humanité.
Cinq personnes inculpées
Les diligences effectuées par les enquêteurs ont conduit à l’arrestation de cinq personnes.
Quatre d’entre elles sont présentées comme étant présumées avoir participé à des actes de torture exercés sur Pape Abdoulaye Touré. Une cinquième personne a été arrêtée à la suite du décès de Mamadou Ndoye, que le communiqué décrit comme ayant été « volontairement heurté à mort à Bargny par un véhicule de la Police ».
Le 23 septembre 2026, les cinq personnes ont été inculpées pour crime contre l’humanité, tortures et meurtre par les juges d’instruction co-saisis.
À l’issue de cette procédure, deux d’entre elles ont été placées sous mandat de dépôt, tandis que les autres ont été placées sous contrôle judiciaire ou assignées à résidence avec surveillance électronique.
Le parquet fait appel
Le 28 septembre 2026, le Procureur de la République, qui avait requis le placement sous mandat de dépôt de l’ensemble des inculpés, a relevé appel contre l’ordonnance rendue par les juges d’instruction.
Le Parquet indique par ailleurs que les magistrats instructeurs saisis ont été invités à établir les délégations judiciaires, demandes de concours, réquisitions et commissions rogatoires, ainsi qu’à accomplir « tous autres actes d’instruction utiles à la manifestation de la vérité ».
D’autres procédures annoncées
Le communiqué annonce également que d’autres procédures judiciaires seront ouvertes devant les juridictions compétentes, en fonction des niveaux de responsabilité que l’enquête et/ou l’instruction permettront d’établir.
Le Parquet précise ainsi que les investigations se poursuivent afin de déterminer les responsabilités éventuelles dans les faits examinés.
À ce stade, les éléments évoqués dans le communiqué relèvent de procédures judiciaires en cours : les personnes inculpées bénéficient donc de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision définitive de justice.
Source
Parquet de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar — Communiqué de presse n°003/PR-TGHCDK, daté du 2 octobre 2026.