Sur des principes clairs et précis, Serigne Touba a fondé la Mouridiyah qui est la copie de l’islam originel adoptant son contexte et son espace.
Parmi ces piliers, le savoir figure notoirement à bonne place. Sachant l’utilité du savoir qu’on ne peut acquérir que par une quête incessante, dans la bonne marche aussi bien de la vie spirituelle que temporelle, le Sceau des prophètes disait : “La quête du savoir est une obligation pour tout musulman soit-il garçon ou fille”.
Cette assertion suivit bien la logique coranique qui ordonne ceci :”Demandez aux gens du rappel si vous ne connaissez pas”. Vouloir réussir un projet au nom de l’islam et se passer de la science demeure une utopie. Étant clairement conscient de cette réalité, l’apôtre de la Mouridiyah fait de la science la clef de voûte de son appel.
“Je mène mon Jihad par la science et la crainte révérencielle” avait-il rétorqué à ses accusateurs de guerre sainte. Ainsi, il entreprend de versifier l’ensemble des ouvrages incontournables dans les disciplines fondamentales de l’islam. Laqdari est versifié pour être Jawhar Nafis dans le domaine de la jurisprudence. En théologie, le fameux Umul Barahîn de Sannosiyu est repris explicitement sous forme de vers qu’il intitulait Mawahibu Qudoss.
En soufisme, il réunit la quintessence des traités Soufis dont Qatimatu Tassawuf de Daïmani qu’il convertissa de sa forme textuelle d’origine en vers pour l’appeler Massalikul Jinaan.
Il dota alors ses adeptes d’ouvrages des sciences fondamentales de l’islam en forme versifiée pour faciliter la retenue et la mémorisation. Après cette étape, il forma des écoles de formation dans lesquelles ses disciples dispensent la science islamique : Mame Thierno Birahim, Serigne Dame Abdou Rahmane Lo, Serigne Mbacké Bousso entre autres. Ses messages à la jeunesse, frange la plus apte d’être le réceptacle du savoir, au retour vers la science se multiplièrent incessamment. Il écrivit à cet effet :
“Oh vous les jeunes que votre préoccupation demeure la science et la rectitude. Soyez préoccupés par la mémorisation et la lecture sans cesse du Coran. Evitez alors toute autre assistance vous conduisant au châtiment”
“Oh vous les jeunes, si vous craignez la honte, précédez d’abord la science avant l’action”
“À cette époque ci, quiconque vous interdit la quête du savoir, vous appelle vers une mauvaise hérésie. Car l’action, si elle ne repose pas sur la science, se ternit sans doute”.
“Quiconque vous interdit la recherche du savoir, l’hérésie fonde son interdiction”.
“Quiconque vous interdit la recherche du savoir, celui-là incarne le rôle de Satan, le lapidé”
“Celui qui vous interdit la science et sa quête, vous conduira vers le désastre. “
Outre ces efforts, Serigne Touba avait un projet universitaire à l’instar des grandes universités islamiques de l’orient. “Par l’Elu, construis-moi l’école qui dissipa l’ignorance, la douleur et la turpitude”. Pria alors à son Seigneur. Un vœu qu’il n’a pas réalisé à sa présence mais il a été une préoccupation majeure pour ses successeurs notamment Serigne Mountakha qui y a investi 37millards pour sa réalisation.


