Entre les murs de l’Université Cheikh Anta Diop, la science a rencontré la foi pour dessiner les contours d’un monde plus juste. La deuxième édition du CIDIR, portée par le Khalife de Bambilor Thierno Amadou Ba, s’est achevée à Dakar sur un plaidoyer vibrant : faire de la spiritualité et du dialogue interreligieux le nouveau moteur des politiques publiques. Retour sur un événement majeur où le Sénégal a réaffirmé son rôle de phare mondial de la coexistence pacifique.
Le Colloque international sur la Diplomatie Religieuse (CIDIR 2026), cette rencontre scientifique et interreligieuse majeure organisée à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, a vécu.
En effet, cette deuxième édition tenue les 23 et 24 avril dont la réflexion a porté sur “Université, valeurs spirituelles et diplomatie religieuse: pour une refondation éthique des politiques publiques”, a réuni des leaders religieux de toutes les confessions, des diplomates (dont l’Ambassadeur de l’Union européenne), des universitaires et des chercheurs.
Cet événement est porté par l’ONG Fawzi Wa Nadjati dirigée par Thierno Amadou Ba, Khalife de Bambilor en partenariat avec l’Institut des politiques publiques (IPP) de l’UCAD a une fois de plus mis en avant le modèle de coexistence pacifique du Sénégal comme exemple de médiation et de dialogue.
“Mesdames et messieurs
Je voudrais soumettre à votre attention trois réflexions qui, je le crois profondément, nous obligent tous et nous engagent dans une responsabilité commune.
La première est un appel à la paix. Un appel simple, mais essentiel. Le monde traverse des tensions multiples, souvent nourries par les excès des passions et les fragilités humaines. Pourtant, il nous appartient de nous élever au-dessus de ces logiques de confrontation. Comme le rappelait l’esprit humaniste, ouvrir des écoles doit toujours signifier fermer des champs de bataille. L’université, dans cette perspective, ne saurait être un espace de tensions émotionnelles, mais un lieu de tensions intellectuelles, où les idées se confrontent pour faire progresser la pensée et éclairer l’avenir. À chacun de nous revient alors cette exigence : savoir raison garder et faire de la parole un instrument de construction et non de rupture”, lancé d’emblée le khalife général de Bambilor devant les représentants du Saint-Siège du Vatican, de la République d’Autriche, des différents foyers religieux et des missions diplomatiques accréditées au Sénégal. Une opportunité pour Thierno Amadou Ba d’appeler les universitaires à une relecture profonde des savoirs et de leurs finalités.
“La recherche ne peut être dissociée des questions fondamentales de sens, de valeurs et de spiritualité. Il s’agit de reconnaître que la diplomatie religieuse, la spiritualité et les dynamiques éthiques constituent aujourd’hui des champs essentiels de compréhension du monde. Orienter la réflexion académique vers ces dimensions, ce n’est pas la détourner de sa rigueur, c’est au contraire l’élargir, la renforcer et lui donner une portée plus humaine. L’université est ainsi appelée à contribuer à la formation de consciences éclairées, capables de penser le lien entre savoir, valeurs et action publique”, a-t-il poursuivi avant de prôner le vivre-ensemble.
“Un vivre-ensemble qui ne nie pas les différences, mais qui les assume pleinement. Chacun est enraciné dans une histoire, une culture, une foi ou une identité propre. Mais ces singularités ne doivent pas devenir des frontières. Elles doivent au contraire ouvrir à la rencontre. Le véritable enjeu est de déplacer notre regard : penser davantage ce qui nous relie que ce qui nous sépare. C’est précisément ce que permet un espace comme celui-ci, où le dialogue devient possible, où les sensibilités se rencontrent et où se construit patiemment une intelligence partagée du monde”, a martelé Thierno Amadou Ba selon qui, pour l’édition 2026 du CIDIR, l’un des acquis majeurs est d’avoir montré, concrètement, que le dialogue des savoirs peut devenir un espace opératoire de réflexion, de médiation et d’anticipation.
“Au terme de cette deuxième édition du CIDIR, il convient de retenir d’abord la richesse et la cohérence des activités qui ont rythmé ces journées. De la cérémonie inaugurale aux conférences introductives, des dialogues croisés entre autorités religieuses musulmanes et chrétiennes aux communications scientifiques, des interventions des partenaires diplomatiques aux échanges autour de la future Chaire de recherche en diplomatie religieuse, chaque séquence a contribué à approfondir le sens même de cette initiative”, a indiqué Thierno Amadou Ba au terme des deux jours de réflexion.
Ainsi, cette année encore, les conférences mémorielles, les tables rondes, les débats libres, ont donné à cette tribune abritée par l’auditorium Khaly Amar Fall de l’UCAD, une densité intellectuelle et humaine remarquable.


