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Une discussion de routine sur la violence contre les ressortissants étrangers a dégénéré en une crise diplomatique lors de la conférence régionale africaine de l’Association parlementaire du Commonwealth (APC) à Lilongwe, les législateurs africains s’affrontant violemment sur la manière de décrire les attaques xénophobes.

Ce qui aurait dû être une session sereine sur la démocratie et la coopération a dégénéré de façon spectaculaire lorsque les délégués nigérians ont insisté pour que le terme « xénophobie » soit utilisé pour décrire les agressions contre les étrangers.

Les législateurs sud-africains ont répliqué en rejetant cette étiquette et en faisant valoir que le débat devrait porter sur l’immigration illégale et l’application des lois sur l’immigration.

Ce conflit décrit par des sources internes comme « tendu », « pénible » et « profondément politique » a mis en lumière de profondes divisions au sein des parlements africains quant à la manière de lutter contre les violences faites aux migrants.

Plus de 300 délégués participent à la conférence de Lilongwe, mais la polémique xénophobe a désormais éclipsé l’ordre du jour de l’événement, qui portait sur la gouvernance, les droits de l’homme et la coopération régionale.

L’Afrique du Sud, longtemps aux prises avec des tensions liées aux migrants sans papiers et des flambées de violence périodiques, a condamné à plusieurs reprises les attaques contre les étrangers tout en insistant sur la nécessité de réglementer l’immigration.

Les législateurs nigérians ont toutefois averti que le fait de se concentrer sur le statut d’immigration risque de masquer le fait que des personnes sont souvent ciblées simplement parce qu’elles sont étrangères.

Cette confrontation a mis en lumière une fracture plus profonde : à quel moment l’application des lois sur l’immigration devient-elle une discrimination, et à quel moment la condamnation de la xénophobie risque-t-elle d’ignorer les préoccupations légitimes concernant l’immigration illégale ?

Pour un forum qui se targue de promouvoir l’unité africaine, ce différend a brutalement rappelé à quel point la politique du continent peut être fracturée lorsque migration, identité et pressions nationales s’entrechoquent.

Au lieu de présenter un front uni sur la protection des ressortissants étrangers, le débat a révélé des expériences nationales concurrentes, des sensibilités politiques et une difficulté même à s’entendre sur le langage fondamental du problème.

Alors que la conférence se poursuit jusqu’au 15 août, les délégués sont désormais confrontés à une question épineuse : comment l’Afrique peut-elle prêcher l’unité alors que les Africains vivant hors de leur pays d’origine restent vulnérables à l’hostilité ?

L’affrontement de Lilongwe montre qu’avant que les parlements africains puissent s’entendre sur des solutions, ils doivent d’abord s’entendre sur la nature exacte du problème auquel ils sont confrontés.

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