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Dakar accueille du 12 au 21 octobre 2026 la 89ème session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) à l’Hôtel King Fahd Palace. Cet événement coïncide avec les 40 ans de l’entrée en vigueur de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Depuis son apparition en octobre 1986, la Charte africaine, qui fête bientôt ses 40 ans, fait l’objet d’une évaluation conduite par son président de la Commission, Me Idrissa Sow. Cette évaluation porte sur l’impact tangible de la Charte sur la vie des populations. La CADHP, qui se compose de 11 commissaires indépendants, gère un programme chargé incluant l’étude des rapports des États signataires, l’évaluation de la situation générale des droits de l’homme, le traitement des plaintes en privé et l’implication des ONG.

La session, précédée par le Forum des ONG qui s’est tenu du 8 au 10 octobre 2026, a été inaugurée par Maître Idrissa Sow. Ce dernier a questionné l’impact réel des droits déclarés. Il a critiqué la contraction de l’espace civique en Afrique, ce qui est corroboré par les informations du CIVICUS Monitor. « La véritable éloquence de la Charte africaine ne se mesure point à l’aune de ses parchemins, mais à sa capacité de transmuer, dans le quotidien des êtres, la promesse de droit en une réalité tangible », a-t-il affirmé sur la terre hospitalière de la Teranga.

« Jusqu’à quel point ces proclamations infusent-elles réellement l’existence des peuples ? » s’est-il interrogé, avant de rendre hommage à ces vigies que sont les organisations non gouvernementales, infatigables sentinelles qui documentent les tragédies et soutiennent les affligés.

Évoquant un édifice sous tension, Idrissa Sow a dénoncé le resserrement funeste de l’espace civique. Entre intimidations, détentions arbitraires et entraves aux libertés d’expression et de rassemblement, il a rappelé une vérité cardinale : « Nul système de protection ne saurait prospérer si ceux qui portent la parole de la justice redoutent les représailles. »

Enfin, tournant son regard vers les horizons incertains, il a souligné l’urgence des défis contemporains : des stigmates des conflits et des dérèglements climatiques à l’essor impérieux de l’intelligence artificielle. « L’Afrique ne doit pas se contenter d’être le simple réceptacle des technologies ; elle doit revendiquer sa place dans l’édiction des normes qui dessineront demain. »

La Représentante spéciale pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Barrie Lynne Freeman, a solennellement réitéré son attachement viscéral aux forces vives de la société civile. Dans une vision transversale, elle tisse les liens étroits qui unissent les droits humains aux impératifs climatiques et à la gestion de l’eau, trouvant dans les inondations dévastatrices de Dakar le témoignage tragique de cette interdépendance. « Garantir une gestion équitable, inclusive et durable de l’eau n’est point seulement un impératif de développement ; c’est un investissement stratégique au service de la paix et de la concorde », a-t-elle déclaré avec gravité.

Déplorant l’étau qui, jour après jour, se resserre autour des défenseurs des libertés, elle a plaidé pour la préservation d’espaces civiques inviolables, où les organisations non gouvernementales puissent, en toute sérénité, forger leurs idées et peser sur les décisions communes. En ce sens, elle a tenu à saluer le dialogue instauré au Sénégal, tel un phare, entre le ministère de la Justice et la société civile.

Sous l’égide d’un Forum tourné vers l’horizon de l’Agenda 2063, plaçant l’eau et l’assainissement au cœur de ses ambitions, les travaux se sont ouverts en présence de Julien Ngane Ndour, Directeur des droits humains, mandataire du Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr. Le message a une portée politique. La question de l’eau n’est pas une question technique. Elle concerne la dignité, la santé et la paix. « Les générations à venir ne nous poseront pas de question sur le nombre de fois où nous avons parlé de l’eau. » « On nous interrogera sur ce que nous avons entrepris pour la rendre accessible », a-t-il affirmé.

« Il est essentiel que l’eau occupe une place centrale dans nos politiques publiques, notre contrat social et notre perspective pour l’Afrique en 2063 », argumente-t-il. Il exhorte à transformer les écrits en actions concrètes. Il déclare à l’attention des sociétés civiles que « les gouvernements ont besoin de votre savoir-faire et de votre aptitude à offrir des solutions .»

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