Le Musée des Civilisations Noires a accueilli ce vendredi 25 avril 2026 une rétrospective dédiée au sculpteur Ousmane Sow. Cette exposition, qui s’installe au MCN pour une durée de trois ans, marque le retour de l’artiste qui n’avait plus été exposé au Sénégal depuis presque trois décennies.
Sculpteur de la mémoire des peuples et du corps en mouvement, Ousmane Sow revient au cœur de l’actualité culturelle à Dakar. À travers l’exposition « Ousmane Sow, intemporel ».
‹‹ Voilà presque trois décennies que l’artiste Ousmane Sow n’a pas été exposé au Sénégal. Pour rendre hommage à cet artiste majeur, membre de l’Académie des beaux-arts de France, le MCN lui consacre une rétrospective pour une durée de trois ans ››, a affirmé le Directeur général du Musée des Civilisations noires (MCN) de Dakar, le Pr Mouhamed Abdoullah Ly.
Les œuvres choisies pour cette rétrospective représentent six séries que M. Sow a réalisées, dont ‘’Nouba’’, ‘’Masaï’’, ‘’Zoulou’’ et ‘’Peulh’’ et la série Merci. Une salle spécifique est dédiée à la série Little Bighorn.
“Réancrer l’œuvre de M. Sow dans son Sénégal natal et faire découvrir son travail aux nouvelles générations, a noté M.Ly.
L’exposition marque le retour historique des œuvres du célèbre sculpteur sénégalais au Sénégal après près de trois décennies d’absence.
Une rétrospective d’envergure pour une œuvre monumentale
À travers cette grande exposition, le musée rend un vibrant hommage à l’artiste. Intitulée « Ousmane Sow, intemporel ».
‹‹ La rétrospective réunit une cinquantaine d’œuvres majeures retraçant l’ensemble de son parcours, des séries africaines emblématiques à ses créations dédiées aux grandes figures historiques ››, a affirmé M. Amadou Ba, ministre de la culture, présidant la cérémonie.
Le gouvernement envisage de faire de la culture un porteur d’identité, dans un monde où les repères se brouillent de jour en jour et ou la jeunesse a besoin davantage d’ancrage au niveau culturel.
” Nous réparons une géographie sentimentale, nous réconcilions Dakar avec sa propre richesse. Ousmane Sow est revenu chez lui,” a rappelé M. le ministre.
Accueillir Ousmane Sow, c’est placé le géant dans son pied d’escale légitime, c’est faire dialoguer l’art contemporain avec la sédimentation millénaire de nos cultures.
‹‹ Dès lors mon rôle s’affirme avec une clarté nouvelle. Notre mission ne se borne pas à l’administration des arts. Elle est une épiphanie patrimoniale
Nous nous portons garant de cette exposition culturelle sénégalaise ››, a dit M. Amadou Ba.
Poursuivant qu’en veillant à ce que nos génies ne soient plus des exilés de l’intérieur.
“Le ministère se veut le trait d’union entre la pérennité du centuaire et la ferveur de la transmission.
Par cette rétrospective, le Sénégal réaffirme sa position de pôle magnétique sur la carte du bloc. ” Nous lui offrons cette rencontre avec sublime ” a-t-il conclu.
Ousmane Sow était une figure majeure de la sculpture contemporaine. Il fut le premier artiste africain élu à l’Académie des Beaux-Arts en France. Ses sculptures monumentales, souvent réalisées avec un mélange de terre, de paille et de jute, sont mondialement reconnues pour leur puissance expressive.
Son nom résonne bien au-delà des frontières du Sénégal. Dans la sphère culturelle, tant nationale qu’internationale, Ousmane Sow s’impose comme une figure monumentale – à l’image de ses œuvres.
Artiste autodidacte au parcours singulier, il demeure l’une des grandes signatures de l’art contemporain africain. Né le 10 octobre 1935 à Dakar, où il s’éteint en 2016, il a bâti une œuvre profondément enracinée dans l’histoire des peuples et dans la dignité du corps humain.
B.S


