Placé sous mandat de dépôt depuis le 25 septembre 2024, Jérôme Badiaky est poursuivi pour détention d’armes sans autorisation administrative, trafic illicite d’armes, usurpation de fonctions publiques civiles ou militaires, escroquerie portant sur les avantages de l’État ainsi que pour des manœuvres et actes de nature à compromettre la sécurité publique.
À ses côtés comparaissait Sakory Ka, frère de l’ancien ministre Doudou Ka, écroué le 28 novembre 2024 et poursuivi notamment pour détention d’armes sans autorisation et trafic illicite d’armes.
À l’issue des débats, le procureur de la République a requis cinq ans d’emprisonnement ferme et une amende de 5 millions F CFA contre Jérôme Badiaky. Contre Sakory Ka, le ministère public a sollicité trois ans de prison ferme assortis d’une amende de 2 millions F CFA.
Sur les faits
L’information judiciaire a été ouverte après l’interpellation de Jérôme Badiaky, le 18 septembre 2024, par la Division des investigations criminelles (DIC). Les perquisitions menées à son appartement du Plateau puis dans une résidence à Grand-Mbour avaient permis la découverte d’importantes sommes d’argent, de trois passeports diplomatiques établis à son nom, de plusieurs équipements de sécurité ainsi que de deux armes à feu, des chargeurs, des munitions, des couteaux et de nombreux talkies-walkies.
Devant les enquêteurs puis le juge d’instruction, Jérôme Badiaky avait soutenu que ce matériel appartenait à sa société de gardiennage Sniper Sécurité autorisée par le ministère de l’Intérieur. Il avait également expliqué que ses passeports diplomatiques lui avaient été remis lorsqu’il assurait la sécurité de l’ancien président Macky Sall puis de l’ancienne Première ministre Aminata Touré.
L’enquête avait ensuite pris une autre dimension après les déclarations d’un témoin, Ndiack Diop, ancien employé de la ferme du député Farba Ngom, qui avait évoqué la présence d’armes et de personnalités sur les lieux. Toutefois, le transport effectué par les enquêteurs n’avait pas permis de confirmer ces éléments.
Les investigations avaient également établi que certaines armes provenaient d’armureries régulièrement autorisées, tandis que le pistolet Beretta retrouvé chez Jérôme Badiaky ne figurait dans aucune base officielle.
Samba Ba bénéficie d’un non-lieu
Dans son ordonnance, le juge d’instruction a accordé un non-lieu au lutteur Samba Ba, alias « Mbeuss », estimant que les accusations reposaient uniquement sur les déclarations non corroborées du témoin Ndiack Diop.
S’agissant de Sakory Ka, le magistrat avait également prononcé un non-lieu partiel. Il avait retenu que les armes découvertes chez lui étaient régulièrement autorisées et que l’allégation de Jérôme Badiaky selon laquelle Sakory lui aurait vendu une arme n’était étayée par aucune preuve. Le ministère public a toutefois relevé appel sur la qualification de trafic d’armes.
Jérôme Badiaky reconnaît une « erreur »
À la barre, Jérôme Badiaky a contesté l’ensemble des infractions qui lui sont reprochées. « Je suis assistant de sécurité. Ma société s’appelle Sniper Sécurité », a-t-il déclaré. Concernant les armes saisies, il a reconnu avoir commis une faute administrative. « Je suis allé à l’Armurerie dakaroise. J’avais obtenu un marché à Tivaouane et les partenaires exigeaient des agents armés. On m’a dit qu’on allait me remettre l’arme et que je chercherais ensuite l’autorisation. C’est la seule erreur que j’ai commise. J’ai mis la charrue avant les bœufs », a-t-il expliqué.
À propos de l’arme factice, il a affirmé l’avoir acquise afin de dissuader d’éventuels agresseurs sur un site qu’il sécurisait. Interrogé sur les passeports diplomatiques, il a soutenu qu’ils lui avaient été remis lorsqu’il assurait la sécurité de Aminata Touré.


