Ce mois-ci, la fiche de paie des enseignants a été transformée en arme. Une arme tournée contre celles et ceux qui tiennent l’école de la République à bout de bras.
La Coordination Nationale des Enseignants de la République des Valeurs le dit avec gravité et sans détour : des sommes d’une ampleur inédite ont été prélevées sans préavis, sans explication, sans égard. Arrachées aux salaires de femmes et d’hommes dont le seul tort est d’avoir exercé un droit garanti par la Constitution.
Ces montants ne sont pas des lignes comptables. Ce sont des loyers qui ne seront pas payés, des ordonnances qui resteront au comptoir, des familles précipitées dans l’angoisse. Ce salaire déjà insuffisant, déjà conquis de haute lutte, est souvent l’unique rempart contre la chute. Le réduire ainsi n’est pas un accident. C’est une décision politique. Une décision brutale. Assumée. Inacceptable.
Ceux que l’on sanctionne aujourd’hui sont les mêmes qui ont marché des kilomètres sous le soleil des savanes, rouvert des classes sans électricité, enseigné dans les marges oubliées de la République. Les mêmes qui, par leur engagement civique, ont contribué au changement démocratique ayant porté les autorités actuelles au pouvoir.
Et voici leur récompense : la ponction.
Voici leur reconnaissance : le silence.
À ceux qui espéraient une République des valeurs, on oppose une République du mépris.
Nous ne plierons pas.
Face à cette violence institutionnelle, la Coordination Nationale des Enseignants de La République des Valeurs se tient debout. Unie. Résolue.
Nous exigeons, sans délai :
• la restitution immédiate et intégrale de chaque franc indûment prélevé. La justice sociale ne se marchande pas. Elle se rend;
• la fin de cette logique de confrontation et l’ouverture urgente d’un dialogue sincère, respectueux et équilibré avec les représentants syndicaux. Les enseignants ne sont pas des adversaires. Qu’on cesse de les traiter comme tels.
Qu’on l’entende : toucher à la survie des enseignants, c’est jouer avec l’équilibre social du pays. Le gouvernement portera l’entière responsabilité des conséquences sociales, scolaires et politiques qu’une telle provocation ne manquera pas d’entraîner.
On ne construit pas l’émergence d’une Nation en affamant ceux qui en forment l’esprit.
On ne fait pas rayonner l’école sur la précarité de ses maîtres.
On ne gouverne pas durablement en trahissant ceux qui éduquent le peuple.
La Coordination Nationale des Enseignants de la République des Valeurs est debout. Et elle le restera.


