« Face à la grandeur du destin, à la faiblesse des moyens, seule notre détermination à travailler ensemble dans un pacte de partenariat positif peut nous permettre de créer et d’optimiser des changements. »
Alphonse de Lamartine.
Monsieur le Président de la République,
Votre accession à la magistrature suprême, il y a deux ans, est de ces événements que le temps n’efface pas.
Elle figure en bonne place dans les pages de notre histoire contemporaine, portée par l’espoir viscéral de tout un peuple assoiffé de justice, de souveraineté et de transparence.
Pourtant, à l’heure où je trace ces lignes, le Sénégal traverse une zone de turbulences institutionnelles et un handicap diplomatique flagrant qui menacent les fondements mêmes de ce formidable espoir.
Doté d’une démocratie pyramidale solide et d’une réputation diplomatique mondialement reconnue, le Sénégal de Léopold Sédar Senghor, de la médiation et de la sagesse, est en train de perdre sa belle note d’antan.
L’isolement nous guette.
Nos partenaires s’interrogent, nos marchés s’inquiètent, et notre voix se perd dans les éclats de la confrontation inutile. Il est aujourd’hui urgent de redorer le blason de ce pays que nous avons tant vanté.
La diplomatie d’une nation souveraine est incarnée, de par notre Constitution, par son Président. Mais nous avons, de plus en plus, le sentiment amer que tel n’est plus le cas au Sénégal.
Le « Domaine Réservé » du Chef de l’État semble avoir été capturé.
Au lieu d’avoir à la Primature un chef de l’administration, technicien et coordonnateur de l’action publique, l’institution présidentielle s’est retrouvée avec un adversaire politique de l’intérieur.
Cette adversité sourde, qui paralyse nos ministères, place le Sénégal à la lumière du monde sous les traits d’un régime bicéphale. Un navire avec deux capitaines est un navire condamné au naufrage.
Le Premier ministre actuel est une grande figure de notre histoire politique récente, un tribun dont le rôle dans l’éveil des consciences est indéniable. Mais le costume bureaucratique de la Primature l’étouffe, et par ricochet, étouffe l’État. Ses sorties diplomatiques hasardeuses (notamment dans les récentes crises géopolitiques mondiales et la gestion financière opaque qui caractérise aujourd’hui l’action de son cabinet) isolent le Sénégal et nous exposent à des représailles économiques dont le peuple paiera le prix fort.
Bien entendu, le Sénégal demeure un régime présidentiel.
Mais il faut que ce leadership soit incarné de manière affirmative, exclusive et sereine par vous,
Monsieur le Président.
C’est pourquoi, Monsieur le Président de la République, la nomination d’un nouveau Chef du Gouvernement s impose aujourd’hui comme une nécessité vitale.
Le Premier ministre doit être déchargé de ses fonctions pour réparer l’image de notre diplomatie, restaurer la confiance de nos partenaires économiques et remettre l’administration au travail, loin des calculs politiciens.
La politique de la Nation doit être impulsée par un seul homme, élu par le peuple. C’est le moyen le plus puissant pour notre pays de se repositionner au rang des nations respectées.
Le Sénégal reste la chasse gardée de la démocratie ouest-africaine. Il doit demeurer la vitrine d’une diplomatie apaisée et d’une gouvernance tournée vers les véritables urgences sociales.
Monsieur le Président, reprenez les rênes.
L’Alliance Populaire pour la Réconciliation à l’Équité Sociale et Solidaire (APRÈS) se tient prête, avec toutes les forces vives de la Nation, à accompagner cette indispensable réconciliation du Sénégal avec ses propres priorités.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute et respectueuse considération.
BADARA DIOP
Diplomate, Écrivain
APRES
Président du Mouvement APRÈS (Alliance Populaire pour la Réconciliation à l’Équité Sociale et Solidaire)


