Un dossier criminel a atterri, ce vendredi 10 juillet 2026, sur la table du procureur Augustin Yakhar Faye, chef du parquet de la Petite-Côte. La Brigade de recherches (BR) de Saly, relevant de la compagnie de gendarmerie de Mbour, a déféré, devant ce magistrat, trois suspects poursuivis pour association de malfaiteurs, meurtre avec préméditation et vol aggravé.Abdoulaye Diouf, Ibrahima Diallo et Aliou Lo sont accusés d’avoir tendu un guet-apens à un conducteur de taxi-moto, Omar Faye, avant de l’étrangler pour lui dérober son engin.
Dans la soirée du 03 juillet 2026, aux environs de 23 heures, la Brigade de proximité de Sandiara alertait la BR de Saly de la découverte d’un corps sans vie dans la brousse, en bordure de la route menant au village de Louly. Les gendarmes, dépêchés sur place, ont découvert la dépouille d’un homme gisant au sol, une corde nouée autour du cou. Le corps, formellement identifié par la famille comme étant celui d’Omar Faye, a été remis à ses proches pour l’inhumation, tandis qu’une enquête était immédiatement ouverte pour élucider les circonstances du drame.
Le piège tendu à la victime
L’enquête a permis de reconstituer le mode opératoire du gang. Ce même soir, Abdoulaye Diouf, Ibrahima Diallo et Aliou Lo se sont retrouvés au lieu de rendez-vous habituel pour mettre à exécution un projet de vol de moto.
Abdoulaye Diouf, qui connaissait personnellement Omar Faye et savait que celui-ci venait d’acquérir un engin neuf, a désigné sa victime. Il a alors contacté le conducteur pour lui commander une course vers le village de Louly, en précisant qu’ils seraient trois passagers. Il l’a ensuite rejoint à son point de stationnement habituel, l’arrêt « Jakarta », avant de le conduire jusqu’à ses deux complices. Le prix de la course a été fixé à 3 000 francs CFA, et les quatre hommes ont pris la route.
L’exécution en pleine brousse
Arrivés dans une zone isolée située sur l’axe reliant les villages de Louly et Kibik, les trois mis en cause sont passés à l’acte : une corde a servi à étrangler Omar Faye, qui a succombé sur les lieux. Les auteurs se sont emparés de sa moto avant de fuir vers la ville. Ils se sont ensuite rendus au domicile d’Ibrahima Diallo, mécanicien de profession, qui a intégralement démonté l’engin afin d’en dissimuler l’origine, avant de le confier à Aliou Lo.
Le fil qui a mené à l’interpellation
L’exploitation du téléphone de la victime a révélé que son dernier appel provenait du numéro 78., appartenant à Abdoulaye Diouf. Une enquête de voisinage menée à l’arrêt « Jakarta » a, par ailleurs, permis de recueillir le témoignage d’un certain G.S., qui a affirmé avoir vu Diouf discuter avec la victime au sujet d’un transport le soir des faits. Interpellé lors d’une descente à son domicile, Abdoulaye Diouf a d’abord nié toute implication, avant de reconnaître les faits face aux éléments concordants réunis par les enquêteurs. Il a alors désigné ses deux complices, Ibrahima Diallo et Aliou Lo, qui ont été interpellés à leur tour. La moto de la victime a été retrouvée en possession d’Aliou Lo et saisie pour les besoins de la procédure.
Des aveux qui se recoupent, avec quelques divergences
Lors de son audition, Abdoulaye Diouf a affirmé que l’idée du vol venait d’Aliou Lo, qui aurait identifié la victime et organisé le déplacement vers Louly. Il reconnaît avoir prêté son téléphone pour contacter Omar Faye et avoir accompagné le groupe sur les lieux, mais impute la strangulation à Aliou Lo et le vol de la moto à Ibrahima Diallo. Il admet avoir participé au transport de l’engin, avoir revendu le téléphone de la victime pour 5 000 francs CFA et avoir perçu 50 000 francs CFA sur la vente de la moto.
Ibrahima Diallo reconnaît de son côté avoir adhéré au projet pour en partager le produit. Il admet s’être emparé de la moto après l’agression, l’avoir démontée à son domicile pour faciliter sa dissimulation.


