Pour la première fois de son histoire, la SAED fait face à un mouvement d’humeur de ses travailleurs.
Rassemblés ce mardi 21 juillet en sit-in à Saint-Louis, les agents affiliés au SNTS dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail et surtout la baisse brutale de la prime de rendement.
Le syndicat interpelle le Président de la République.
Dans la cour de la Société Nationale d’Aménagement et d’Exploitation des Terres du Delta et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé, les travailleurs ont scandé : “La SAED, un visage d’ange, une âme meurtrie” .
Affiliés au Syndicat National des Travailleurs de la SAED, SNTS, affilié à la CNTS, ils réclament de meilleures conditions de travail, des salaires décents, le paiement intégral de la prime annuelle de rendement, ainsi que la revalorisation et la généralisation des indemnités de logement.
Face à la presse, Aly Niang, secrétaire général du SNTS et porte-parole du jour, tire la sonnette d’alarme : ” La SAED, épine dorsale de la souveraineté alimentaire du Sénégal, est en train de se fissurer “
Selon le memorandum rendu public , trois faits expliquent cette crise : un budget insuffisant qui ne couvre plus les besoins réels ( matériel bureautique et informatique défaillant, moyens de déplacement drastiquement réduits, carburant rationné) , des salaires et indemnités figés depuis des années alors que le coût de la vie explose. “Plus de 95% des agents de la SAED n’ont pas plus de 75 000 FCFA d’indemnité de logement, ce qui n’est pas du tout normal”, dénonce Aly Niang.
Il est également constaté une hémorragie de compétences avec le départ massif des jeunes cadres vers d’autres structures et le découragement des plus anciens.
“Demander des résultats avec des moyens dérisoires, c’est programmer l’échec” , a-t-il asséné.
Le SNTS exige l’application du décret 2006-06 du 7 janvier 2006 qui prévoit la généralisation des indemnités de logement fixées à 100 000 FCFA.
Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase des syndicalistes, c’est la prime de rendement réduite
” La principale revendication porte sur la prime annuelle de rendement. Lors de sa session du 29 avril 2026, le Conseil d’Administration de la SAED avait salué les performances remarquables de l’exercice 2025 et approuvé, dans la délibération N°12 du 28 avril 2026, le paiement de cette prime. Contre toute attente, le taux est passé de 7% à 2%, alors qu’il était maintenu à 7% depuis plus de 30 ans , et aucun motif n’a été donné ” a expliqué Aly Niang.
“Un précédent dangereux qui vient fragiliser les acquis historiques des agents” , regrette Aly Niang.
Pour les syndicalistes , cette décision est injustifiée et en contradiction totale avec les sacrifices consentis par le personnel.
Le SNTS rappelle que la SAED fait partie des rares structures parapubliques n’ayant jamais connu de grève. “Une paix sociale exemplaire aujourd’hui menacée par ce que nous appelons une provocation administrative” .
Face à cette situation, le SNTS lance “un appel solennel au Président de la République ” pour un réexamen du dossier, dans un souci d’équité et de justice sociale. Les travailleurs de la SAED réaffirment toutefois leur attachement au dialogue social, tout en se réservant ” le droit d’engager toute action syndicale légitime ” pour la défense des intérêts des travailleurs.


