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En ce jeudi 8 octobre, sous les voûtes du Grand Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose de Dakar, s’est ouvert le second Salon international des médias d’Afrique (SIMA). Durant quatre journées, ce rendez-vous convie les artisans de l’information professionnels, régulateurs, chercheurs et bâtisseurs de contenus à une réflexion féconde sur les métamorphoses qui dessinent l’écosystème médiatique du continent. Réunis sous l’égide d’une ambition partagée, celle de « bâtir un écosystème médiatique souverain et performant », les acteurs de cette transition numérique et intellectuelle ont vu l’inauguration de ces travaux être portée par le ministre de la Communication, des Relations avec les Institutions et Porte-Parole du Gouvernement, Bacary Sarr.
Représentant le Premier ministre, Monsieur Sarr a su traduire l’envergure de cette rencontre continentale avec une solennité toute diplomatique. « Le Sénégal se sent honoré d’abriter ce grand événement, à la fois médiatique et diplomatique, qui consacre Dakar comme la capitale africaine de la communication », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la portée symbolique et stratégique de ces assises.
Le ministre a souligné combien la souveraineté médiatique s’impose désormais comme une impérieuse nécessité, tant économique qu’éditoriale, face au tarissement des ressources publicitaires captées par les puissances numériques étrangères. « Tandis que ces flux financiers s’exilent vers des contrées lointaines, les revenus de nos diffuseurs s’étiolent, contraignant les rédactions à une austérité dont pâtissent les effectifs. Or, le journaliste privé de la juste rétribution de son labeur s’expose à une fragilité qui menace l’intégrité même de sa mission », a-t-il déploré.
Pour conjurer ce déclin, il a exalté l’instauration du premier Code de la publicité ainsi que la refonte du cadre normatif, scellée par le vote du Conseil National de Régulation des Médias en mars 2026. Il a, en outre, exhorté la corporation à faire preuve d’une rigueur exemplaire dans la couverture des prochains Jeux Olympiques de la Jeunesse, qui se tiendront à Dakar du 31 octobre au 13 novembre 2026.
« Nous aspirons à poser une nouvelle pierre à cet édifice, à nous faire les bâtisseurs d’un écosystème médiatique africain qui soit à la fois souverain et exemplaire », a-t-il déclaré, soulignant l’impérieuse nécessité de s’unir face au déferlement des fausses nouvelles et aux mutations de l’intelligence artificielle.
Porte-voix de l’Allemagne, nation conviée en qualité d’invitée d’honneur, l’ambassadeur au Sénégal a rappelé combien le combat pour une information intègre revêtait une portée universelle. « La liberté de la presse, en sa pleine acception, ne se réduit point à la faculté de s’exprimer. Elle est le droit sacré de s’informer, de scruter, de confronter les points de vue, de comprendre enfin pour forger sa propre conscience », a soutenu le diplomate, martelant avec force que « la vérité ne saurait souffrir de déclinaisons ; ce que l’on nomme vérité alternative n’est, en vérité, que mensonge. »
Mactar Sylla, instigateur de ces assises, a pour sa part exprimé sa vive satisfaction de voir ce rendez-vous s’inscrire dans la durée, au sein d’un lieu consacré à la mémoire éternelle du tambour-major Doudou N’diaye Rose.