Kindia (Guinée) – Le décès de Mamadou Djouma Bah, élève en classe de terminale Sciences mathématiques condamné à un mois de prison ferme pour fraude au baccalauréat, suscite une vive émotion en Guinée et relance les interrogations sur la prise en charge sanitaire des personnes détenues. Alors que la famille évoque les conséquences de son incarcération sur un état de santé déjà fragile, le parquet de Kindia affirme que le jeune homme n’est pas décédé en prison, mais après avoir été remis à ses proches pour recevoir des soins.
Selon plusieurs médias guinéens, Mamadou Djouma Bah, âgé de 18 ans, faisait partie des sept candidats au baccalauréat condamnés début juillet 2026 par le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia pour des faits de fraude aux examens. Il purgeait une peine d’un mois d’emprisonnement ferme prononcée à l’issue d’une procédure de comparution immédiate.
La famille évoque une maladie antérieure
Le père du défunt, Boubacar Bah, explique que son fils souffrait de rhumatismes depuis plusieurs années. Selon lui, cette pathologie s’est aggravée pendant la période de détention.
Il indique que le jeune homme est resté environ quatorze jours en prison avant que son état de santé ne se dégrade. La famille estime que les autorités doivent tirer les enseignements de ce drame et appelle à une plus grande vigilance dans la gestion des détenus présentant des problèmes de santé. Elle demande également que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès.
Des camarades de classe décrivent Mamadou Djouma Bah comme un élève assidu et apprécié, dont la disparition a provoqué une forte émotion dans son établissement scolaire.
Le procureur réfute un décès en détention
Face aux nombreuses réactions suscitées par cette affaire, le procureur de la République près le TPI de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a apporté des précisions.
Selon le magistrat, le jeune homme ne serait pas décédé en milieu carcéral. Il affirme que l’administration pénitentiaire l’avait conduit à deux reprises à l’hôpital régional de Kindia. Devant la persistance de son état de santé, le parquet aurait ordonné sa remise à sa famille afin qu’il poursuive son traitement auprès de son médecin habituel.
D’après le procureur, Mamadou Djouma Bah est décédé alors qu’il se trouvait sous la prise en charge de sa famille et de son médecin traitant. Il souligne également que les rhumatismes dont souffrait le jeune homme étaient antérieurs à son incarcération et se dit attristé par ce décès.
Ndeye Yacine Mbaye
Des circonstances qui restent à clarifier
À ce stade, aucun rapport médical ou judiciaire n’a été rendu public permettant d’établir avec précision les causes du décès ni les conditions de la prise en charge médicale du jeune homme.
Les déclarations de la famille et celles du parquet présentent des divergences, notamment sur le déroulement des événements ayant précédé le décès. En l’absence d’éléments officiels complémentaires, les circonstances exactes demeurent donc à établir.
Cette affaire intervient quelques jours après la condamnation de plusieurs candidats pour fraude au baccalauréat à Kindia, une décision judiciaire qui avait déjà suscité un débat en Guinée sur la réponse pénale apportée aux fraudes lors des examens nationaux.


