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Dès le début, les chiffres officiels fournis nous ont permis d’établir la non rentabilité financière du projet et le fait qu’il représenterait à terme un gouffre pour le Trésor déjà limité en ressources. 

Investir 780 milliards officiels  sur une partie du territoire aussi « petite » avec des ramifications et des effets d’entraînement moins larges qu’ailleurs ne répondait pas et ne répondra jamais à une logique économique pertinente. Ni à un arbitrage justifiable. Cela n’ayant rien à voir avec les effets positifs en tant que tel d’un projet pris individuellement (notamment en termes d’emplois créés, de technologie nouvelle apprise…). Ici, ce qui est vrai pour le TER peut être dit de quasiment tout projet. 
La question doit, dès lors, englober le reste de l’économie nationale pour être lue avec plus de précision. 

Le projet aura participé d’un renforcement de la macrocéphalie de Dakar, invitant plus de monde sur moins de 1% du territoire où sont concentrées, avec Thiès, l’écrasante majorité des opportunités économiques. 
En 20 ans (2000-2020) plus de 10.000 milliards FCFA ont été investis à Dakar en infrastructures (routes, ponts, autoroutes, bâtiments…) soit quasiment autant sur 50 ans pour les 13 autres régions. Quel déséquilibre. 

Le vase TER devient plus que rempli. 

Eu égard aux défis de l’agriculture sénégalaise dans son endogénéisation, sa formation des acteurs, sa capacité à equiper ses acteurs nationaux (stockage, transformation, maîtrise de l’eau, des statistiques, financement…), aux défis de décentralisation et de territorialisation des politiques publiques au sens plus large, engloblant tous les secteurs stratégiques et vitaux, les ressources que collectent le gouvernement devraient davantage servir à asseoir une économie qui génère elle-même les ressources qui permettront demain de multiplier les TER sans entrer dans ce type d’accords anti-patriotiques et inefficaces…

Si, à cela, on ajoute les informations livrées par le quotidien français, le Figaro, rendant compte et réaffirmant d’énormes anomalies dans: 
–  la structuration du projet (le refus d’intégration d’un bras financier de l’Etat); 
– le déficit structurel du projet supporté par le Trésor public 
– le traitement princier des administrateurs français 
– la faiblesse apparente du président devant le privé français…., 

Par Cheikh Fatma Diop, Economiste et analyste financier

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