Droite dans ses bottes. Entre les quatre murs, sa voix résonne comme dans un prétoire. La toge d’avocat entifiée. Du haut du pupitre de l’Assemblée Nationale hier lors du vote du budget de son département adopté à la somme de 92 161 262 422 milliards en crédits de paiement (CP) et 93 421 262 422 milliards en autorisations d’engagements (AE), la Garde des sceaux, avocat de profession, s’est portée en faux contre les attaques adressées à la justice et aux juges.
Selon Aïssata Tall Sall qui défendait son budget devant les parlementaires, les critiques contre la justice ne sont pas fondées. << La justice, ce n’est un spectacle ni un arbre à palabre. Elle ne se rend pas sur la place publique. La justice est une chose grave et sérieuse. Arrêtons de dire tous les jours voilà ce qui s’est passé. Voici ce qu’on a fait. Si seulement vous saviez ce qui se passe dans les cabinets. Je ne le souhaite jamais. Mais n’ayez pas affaire à la justice. Restez comme vous êtes. Le jour où cela arrivera, vous saurez qu’on ne s’amuse pas avec la justice, la Loi et la vérité. La loi est faite pour tout le monde sans distinction >>, a-t-elle déclaré. Et d’ajouter :
<< Ceux qui disent que les juges ne sont pas indépendants est ce qu’ils peuvent dire en quoi sont-ils aussi dépendants ? >>, s’est interrogé. Pour elle, contrairement à ce qui est avancé par les détracteurs du régime en place, le fonctionnement de la justice a beaucoup évolué depuis l’accession de Macky Sall au pouvoir en 2012. << Dans un passé où pour faire partie des membres du Conseil supérieur de la magistrature, le juge voyait sa carrière défini, son avancement ou sa rétrogradation décidée sans qu’il n’y ait la possibilité de participer encore moins de savoir ce qui va se décider sur sont sort ; aujourd’hui, ce sont les mêmes juges qui décident de leur avancement, carrière et qui font leur propre discipline. Que fait le Président de la République dedans ? Rien. C’est ça l’indépendance du juge >>,a tancé le ministre de la justice.
Mais quelle est cette dépendance qui vous dit si je gagne, bravo. Les juges sont des héros, des patriotes. Et quand on perd, on jette les autres aux gémonies. C’est quoi cette justice à deux vitesses qu’on veut inculquer ? L’Etat respect les juges y compris ceux qui le déboutent tout comme ceux qui lui font gagner. C’est cela la justice. Garde des sceaux, ministre de la justice, je découvre les décisions de justice comme tous les autres sénégalais.
Parfois quand le juge prend une décision favorable ou défavorable à l’Etat, c’est par les médias que je l’apprends. En quoi la justice ne serait elle pas indépendante ? Je pense que nous ne devons pas nous amuser avec les concepts et les principes. La justice est une chose sérieuse pour la laisser entre les mains de n’importe qui. Qu’on puisse dire des choses contre elle et des commentaires alors que c’est très loin, de la vérité >>, recadré Aïssata Tall Sall, évoquant les deux poids deux mesures donnés à la justice par les responsables politiques de l’opposition selon que des décisions de justice leur sont favorables ou défavorables.


