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Je me suis toujours méfié du zèle des convertis en politique. Leur mécanique est simple, rodée : vanter, encourager, porter aux nues, puis, un jour, flétrir et vilipender. L’intérêt personnel comme seul moteur, et non cette rage de servir son pays et de laisser en héritage une vision transformatrice et progressiste de la société. La politique se meurt dans les reniements et l’obsession du moi, au lieu de sacraliser ce formidable désir de produire du Bien. Saluer tous les excès d’un incompétent notoire, promoteur du désordre et artisan de la violence verbale et physique, pour, un jour, parce qu’on a changé de rive, le peindre sous les traits d’un monstre n’est pas honnête.
Les changements permanents d’alliance, les brusques adhésions et les obsessions subites font le lit du rejet de la politique chez nos compatriotes, surtout chez les jeunes. Le spectacle qu’offre cette frange de la classe politique n’est ni digne ni décent. Aussi cette figure qui pointe l’autre a-t-elle ce devoir impérieux d’être exemplaire : de n’avoir pas donné hier le sentiment qu’elle n’allait que dans le sens de ses intérêts du moment, ni fait montre d’une cécité devant toutes les agressions à la paix civile et les menaces à la cohésion nationale. Les appels au « Mortal Kombat », les menaces de mort visant le chef de l’État, le fantasme de l’insurrection sont encore frais dans nos mémoires.
On ne se proclame pas républicain quand on a, par ses compromissions, par ses ruses avec les valeurs, contribué à la déstabilisation de la République. Hier, la plume a chanté les louanges d’un destructeur. Aujourd’hui, la même plume critique un gourou de la foi duquel on douterait même. La symphonie sonne faux.
L’intéressé n’a rien renié de ses outrances d’hier. Il demeure ancré dans ses obsessions morbides, dont la colonne vertébrale est la négation du Sénégal. Que ceux qui en ont été les actionnaires sémillants et qui, des gradins, encourageaient la balafre de la République aient la décence de se soustraire à nos matinées dominicales.